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suppression de l'aide aux devoirs par le BIJ

J'a reçu ce courrier qu'il me semble important  de publier:
 
Madame, Monsieur, 

Objet : La Mairie de Colombes supprime le dispositif d’aide aux devoirs dispensé par le Bureau Information Jeunesse de la Ville de Colombes. 
 
Suite à notre réunion avec la Mairie, nous souhaitons poursuivre la discussion car nous pensons que celle-ci était constructive et mérite quelques approfondissements. 
Cette lettre a aussi pour ambition d’informer les différents acteurs de la vie publique et ainsi, d’ouvrir un large champ de discussion. 
Le dispositif d’accompagnement à la scolarité mis en place dans le cadre du BIJ est la réalisation du CLAS (Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité) et cette mise en place est une réussite depuis vingt ans à Colombes.
Vous trouverez la charte ci-dessous. 

A Colombes, de 18h à 19h30, ont lieu toute l’année dans différents quartiers des cours de français, philosophie, mathématiques, physique-chimie et anglais. 
Le dispositif met aussi en place des activités et ateliers durant les vacances, activités qui ont été drastiquement diminuées, voire arrêtées, sans explication probante. 
 

La Mairie explique qu’elle est confrontée à un coût de fonctionnement du dispositif qu’elle ne peut assumer et qu’elle est victime des mesures économiques gouvernementales or cet argument est ici irrecevable. 

 

En effet, nous comprenons parfaitement les difficultés économiques de la Mairie et sa nécessité de faire des choix financiers or ce dispositif ne représente pas un coût important  pour la Mairie proportionnellement à ses effets, à son rôle essentiel et par rapport à d’autres dépenses de fonctionnement, elle reste objectivement minime. 
Une explication s’impose : 
 
Premièrement, ce dispositif était jusqu’à aujourd’hui financé de manière importante par la CAF. Son financement aujourd’hui retiré s’explique non pas par un désengagement de la CAF mais par un non-respect de la charte suite à l’augmentation tarifaire importante il y a deux ans (ci-dessous est joint un tableau comparatif des tarifs). La CAF a soutenu ce dispositif avec fidélité car il a rôle important et légitime. C’est la défaillance de la Mairie par rapport à la charte constitutive qui est la cause de son retrait. C’est aussi son faible réengagement qui peut à nouveau sceller cet accord (CLAS). Les activités de se dispositif peuvent très bien être menées à moindre coût et pourtant avec force et respect de la charte. Ce dispositif n’a jamais représenté un coût plombant pour la Mairie. Il ne focalise pas les difficultés économiques de la Mairie là où d’autres pôles financiers sont incomparablement problématiques pour la Mairie. 
 
Secondement, le coût de fonctionnement général du dispositif est moindre puisque les salles d’accueil des jeunes sont des salles municipales, il n’y a pas de coût de location privative. Le coût normalisé de fonctionnement de ces salles (électricité, eau, hygiène) n’est pas absorbé que par l’activité du dispositif car ces salles sont aussi au service d’autres projets : prenons pour simples exemples la salle Gagarine qui sert aussi à l’association La Vie Libre ou encore la salle Solférino qui est une structure d’accueil de différentes activités municipales (lieu de rencontre et d’activité pour les personnes retraitées, mise en place de multiples ateliers créatifs, etc.).
 

De plus, la masse salariale et notamment celle des intervenants ne représente pas un coût important puisque l’équipe des professeurs n’effectue pas un nombre d’heures important (les professeurs travaillent au maximum 6h par semaine en période scolaire sinon beaucoup moins en moyenne lors de cette même période). 

 

Troisièmement, le BIJ a fait l’objet de mesures d’économies importantes connues de tous  : déplacement des locaux d’accueil général, réduction du personnel ou encore modification des conditions d’emploi des intervenants qui travaillent sur une base d’1h30 et non plus 2h. 
 
Les responsables et employés au sein du BIJ font de multiples tâches qui ne relèvent pas que du dispositif d’accompagnement à la scolarité : ils accueillent les jeunes et les familles, orientent, aident dans la bonne réalisation des démarches professionnelles des jeunes, participent à différents projets culturels et travaillent avec vigueur à faire du BIJ un lieu toujours innovant et pertinent pour la jeunesse de Colombes. 
 
Pour toutes ces raisons, l’argument du coût du dispositif n’est pas recevable. Nous ne parlons pas d’un « portefeuille » familial mais bien d’une gestion municipale des finances. La Mairie de Colombes est capable de gérer ce coût si moindre comparativement à l’importance de ce dispositif. En effet, ses effets sont grands. C’est la suppression du dispositif qui appelle à de plus grandes dépenses futures pour la municipalité là où aujourd’hui, le dispositif permet de remplir différentes missions cruciales avec un coût maîtrisé. 
En outre, ce dispositif permet de lutter contre le décrochage scolaire, l’échec scolaire et de fil en aiguille contre le chômage et la délinquance. Il remplit une mission d’utilité publique.
C’est pour cela que nous pouvons nous permettre de parler d’un investissement municipal nécessaire. 
Dès lors, nous vous invitons à reconsidérer le calcul coûts-avantages qui apparaît clairement être celui d’un grand profit concernant ce dispositif. 
Nous restons assurément ouverts à la poursuite de ces discussions. 
 
Ce dispositif vise à offrir un soutien scolaire de qualité pour les familles qui n’ont pas les moyens de payer des cours particuliers. C’est un pilier de Colombes qui comptait cette année 270 jeunes et le double il y a deux ans avant l’augmentation tarifaire de la Mairie de Colombes. Nous parlons de milliers de jeunes depuis son commencement. 

C’est un dispositif de proximité qui accueille les jeunes dans des salles qui représentent un lieu intermédiaire : ce n’est ni le domicile des jeunes dans lequel les bonnes conditions d’étude ne sont parfois pas réunies, ni l’école qui focalise pour certains de multiples difficultés. 

Ce lieu est un espace pour reprendre confiance en soi, en l’école, en l’avenir. 

Au sein de ces lieux le lien social est renforcé entre les jeunes de Colombes qui rencontrent des élèves de différents niveaux et d’autres établissements. Une saine émulation s’y met en place. 

Les professeurs du dispositif ont tous un Master dans la discipline qu’ils enseignent et sont pour la plupart, présents depuis des années dans ce dispositif. L’équipe est fortement engagée et a une connaissance accrue des problématiques que connaissent les jeunes de Colombes. 

En ce sens, ils mettent en œuvre un accompagnement intensif et la preuve de l’efficacité de ce dispositif est la grande réussite des jeunes dont les familles peuvent témoigner. Ce dispositif permet même de parler « d’excellence » puisque les jeunes pris en charge en son sein sont ensuite ceux qui accèdent aux filières les plus prestigieuses et sélectives de France (classes préparatoires littéraires et scientifiques, ingénierie, médecine, droit, etc). C’est un vecteur d’ascension sociale concret qui permet de réaliser les grandes aspirations d’une jeunesse pleine de ressources si elle est soutenue (la caractérisation « soutien scolaire » prend ici tout son sens). 

De la Sixième à la Terminale, les jeunes ont un suivi de qualité, rigoureux, ils se sentent encadrés et prennent plaisir à apprendre. Ils sont motivés et ont de l’ambition. 

Nous préparons le brevet et le baccalauréat toute l’année avec les jeunes : lorsqu’ils n’ont pas de devoirs, nous revenons sur les leçons, faisons cours, mettons en place des exercices et des entraînements de type brevet ou de type bac. Les difficultés des jeunes sont affrontées une à une de manière systématique. C’est une prise en charge continue. 

Ce dispositif ne représente pas un doublon avec les CSC de Colombes. En effet, le dispositif d’aide aux devoirs offre des cours spécialisés selon les matières et offre un panel de créneaux de cours spécifiques très important du lundi au vendredi. Son rendement est irremplaçable notamment auprès des lycéens et troisièmes. Nous reconnaissons le formidable travail des CSC et nous agissons ensemble mais différemment. C’est une synergie entre le dispositif et les CSC qui permet le traitement efficace des difficultés scolaires des jeunes de Colombes. Rompre cette dynamique entre le BIJ et les CSC est menacer ce qui aujourd’hui, fonctionne bien et pourrait même être renforcé. L’action du BIJ ne remplace pas celle des CSC et inversement. À l’inverse, il nous faut considérer une cohésion, une cohérence et une puissance d’action entre les deux. La logique adéquate ne serait donc pas celle d’une suppression mais celle d’un renforcement en terme de « maillage » : nous devons donc ici parler d’un mouvement cohérent mais protéiforme. 
 
La Mairie explique que cette charte est « ancienne », que les choses « changent » mais cet argument est un paralogisme. 
En effet, cette charte est réalisée à la perfection et représente une concrétisation forte de vingt années ce qui est le gage de légitimité de ce dispositif qui apparaît pouvoir revendiquer « la force de l’expérience » par rapport au traitement d’un problème toujours d’actualité : l’inégalité de la réussite scolaire. 
Justement, c’est cette pérennité qui permet de dire que ce dispositif est un monument très fort de Colombes. Les monuments ne sont pas des « vieilles choses » qu’il faut abolir mais des piliers qui nous permettent d’assurer l’avenir avec force. 
 
Pour toutes ces raisons, il n’est pas « naïf » d’informer la population et d’espérer un débat municipal démocratique pour ce qui représente une décision très lourde. En cela, la mobilisation de la totalité des acteurs publics et des familles est légitime. Il n’est pas une « faute » ou une « erreur » de participer au bon fonctionnement du débat démocratique en informant les différents acteurs de Colombes puisque nous sommes tous, sans exception, touchés par cette décision. Il n’est pas une erreur de vous écrire aujourd’hui pour communiquer avec tous. 
 
Bien au contraire, il est une gloire pour Colombes de voir ses citoyens attachés à la ville, au débat et une réussite de constater que tous sont préoccupés de manière bienveillante à ce qui représente demain : la jeunesse de Colombes. Dès lors, Colombes est vivante et lucide lorsque cette information est diffusée. Parce que ce sont les colombiens, au-delà des couleurs politiques, qui font de Colombes une ville excellente et participent ainsi au débat d’une ville « éclairée ». 
 
Il est ici question du bien commun par rapport à un dispositif qui œuvre au service d’idées universelles : le savoir comme idéal, l’égalité des chances comme objectif, la formation intellectuelle des citoyens comme réussite effective, la société épanouie et créative comme adhérence à une histoire, au long terme. 

C’est un dispositif aimé des jeunes, aimé des familles et d’une importance capitale pour Colombes. 

Pour l’égalité des chances, pour l’amour du savoir, pour la lutte contre les inégalités socio-économiques, pour la jeunesse, pour l’avenir, pour la réussite de tous, 

Pour toutes ces raisons, nous demandons, avec les familles et les jeunes de Colombes, le maintien du dispositif d’aide aux devoirs du BIJ. 
 

Nous serons au Conseil municipal du mardi 26 juin à 19h avec les familles, les élèves et les citoyens parce que nous sommes convaincus qu’à Colombes se réalise la démocratie, le débat constructif. Parce que cette décision est un choix politique, relève de la municipalité et que son lieu approprié est le conseil municipal, parce que nous sommes citoyens, nous serons là. C’est un moment crucial pour la population de Colombes qui vient à votre rencontre pour vous comprendre. 

 

Nous porterons les « visages » des absents, des familles qui ne peuvent venir mais qui sont concernées par cette décision et qui attendent avec impatience une explication : une raison claire et distincte suite à cette décision. Une grande communication citoyenne se met en place à vos côtés pour parler avec tous de ce qui nous concerne tous. 
 
Ce message a pour vocation et seule intention la continuation du dialogue ouvert avec pertinence et richesse par la Mairie et les citoyens. 
 
Les professeurs du dispositif : Seddik Ismahène, Hasnaoui Bouchra, Fraigneau Stéphane, Ramdani Aicha, Ait Aissi Ferhat, Hadj Kacem Brahim, Malgrange Mouna, Chadouli Youssouf, Ly Cheick, Vélin Cassim Didier. 
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