Cette réunion organisée par la municipalité était déjà mal enfilée. Peu d’information sur le site ou les comptes de la ville, , quelques affichettes apposées le matin même. En fait ce sont des habitants du quartier qui ont fait fonctionner le bouche à oreille. Une cinquantaine de personnes dans le public, une petite vingtaine en plus avec les élus, les techniciens de la ville et quelques représentants d’entreprises intervenant dans les chantiers en cours.
J’avais écris un peu vite et en direct sur les réseaux sociaux que les habitants étaient ronchons, puis râleurs. Et je me suis fait dès le lendemain engueuler par certaines – à juste titre – car ces habitants manifestaient à l'évidence plutôt leur écœurement et leur colère.
En reprenant mes notes, en alignant les phrases, j’ai vraiment constaté qu’ils et elles étaient même en-deça de ces deux expressions. Je n’avais pas eu le temps depuis deux semaines d’y revenir, mais je ne peux pas laisser passer comme cela ce qui s’est dit.
Car toutes les interventions touchent à la vie quotidienne de milliers de personnes contraintes par les chantiers de la rénovation urbaine, et traduisent le sentiment partagé de non prise en compte de leurs problèmes qu’elles ressentent.
Au départ, la réunion convoquée par N. Goueta portait sur le chantier de la rue Michelet qui en principe a démarré ce matin 29 janvier. Il doit se dérouler en 2 phases : la première phase du 29 janvier au 23 mars et la seconde phase de mi mars à fin mai. Il concerne la réfection des réseaux existants, l’éclairage de la rue, la création de 3 plateaux traversant, la réfection des trottoirs, la création d’une bande cyclable. Tout cela va provoquer des modifications de circulation avec la mise en double sens de l’allée Joliot-Curie en venant d’Asnières, avec plusieurs points durs qui se situent vers le groupe scolaire Langevin-Vallon, et les accès aux parkings. Mais ces travaux entrainent la déviation des bus RATP 366 et 235 dans les deux sens.
Cette réunion se tenant en janvier, les habitants ont manifesté leur exaspération face à des situations en plein cœur de l’hiver, quand les journées sont les plus courtes, quand le jour se lève tard et se couche tôt. Quand il pleut et qu’il faut marcher au milieu des chantiers, que l’on soit adulte valide ou handicapé, personne âgée ou enfant.
Alors les habitants ont manifesté leur inquiétude plus sur les déviations proposées allée Joliot-Curie et les conséquences sur leur quotidien que sur les travaux de la rue Michelet en tant que tel. Et très vite, ce sont des tas d’autres problèmes qui ont surgi avec beaucoup de passion et de colère:
- Ils se sont plaints de l’absence de l’éclairage pendant les travaux, au cœur de l’hiver, ne sachant pas toujours où mettre les pieds. Ils avaient raison. Tout le monde a reconnu cette situation..Du coup, N. Goueta s’est engagée à faire poser en complément le temps des chantiers de l’éclairage provisoire . Mais est-ce que cela sera effectif ?
- D’autres, habitant aux 53 et 59 Michelet se sont plaints également de l’absence d’éclairage, et aussi des accès aux personnes handicapés, car les cheminements ont été cassés mais pas remplacés même de manière provisoire (la question des personnes handicapées est d’ailleurs revenue souvent).
- Le parking de l’agrocité (je note que tout le monde l’appelle comme cela dorénavant, y compris N. Goueta) : certains se plaignent qu’il est réservé aux propriétaires du 118 Stalingrad, et pas aux locataires du quartier, ce que conteste N.Goueta, mais évidemment elle a tord. Et encore une fois les habitants avaient raison. N. Goueta promet que le parking est ouvert à tous. Ah bon ?
- L’accès pompier au 65 Michelet supprimé : ce n’est pas normal
- Au 75/77 Michelet : une habitante s’interroge sur ce qui se passe au pied des immeubles (problème de limites de prestations visiblement) avec des marches d’escaliers extérieurs supprimées par les entreprises alors que ces escaliers appartiennent à la copropriété.
- L’allée Joliot-Curie est en partie défoncée, avec des trous et des flaques rendant son usage très difficile pour les riverains. J’en ai fait moi-même la dure constatation ce soir-là où il pleuvait fortement.
- Au 69 Michelet (copropriété) : les éboueurs ne viennent plus, c’est le gardien qui se trimballe les conteneurs, parfois aidé par les ouvriers tellement c’est lourd et peu maniable.
- Tour Z : avec les travaux de percement du rez-de-chaussée, tout est ouvert à tous les vents ; les personnes qui habitent dans les étages immédiatement au-dessus ont froid et supportent tous les bruits du chantier dans les logements et les circulations verticales (les tuyaux). Nous avons fait collectivement le constat que Colombes Habitat Public était absent de la réunion et N. Goueta s’est engagée à ce qu’il y ait une réunion spécifique avec le bailleur de la ville . Quelqu’un rappelle que cela fait 2 ans que le conseil de quartier demande une réunion avec CHP, sans qu’il y ait de réponse positive. N. Goueta tente une diversion en rappelant les sommes mises par la ville, l’Etat et l’ANRU sur la rénovation urbaine. Personne ne conteste cela, c’est tout simplement en total décalage avec ce que supportent les habitants depuis plusieurs mois du fait de chantiers gigantesques, indispensables mais pas toujours bien maitrisés.
- Un locataire représentant la CNL dit calmement qu’il y a des nuisances partout,que les chantiers ne sont jamais terminés (mais c’est vrai dans toute la ville) ; il se demande comment circuler avec les travaux ; il réitère que la signalisation des places handicapées au sol a disparu du fait des travaux, rendant encore plus difficile l’accès de ces personnes à leur logement.
- Plusieurs habitants demandent à ce que l’information soit améliorée et qu’il y ait enfin des retours du comité de suivi, ce qui de l’avis de beaucoup n’est pas le cas..
- Des échanges ont lieu aussi sur les espaces verts : plusieurs protestent et contestent l‘aménagement du square des acacias, pas assez végétalisé selon elles, et en tout cas moins que ce qui existait avant. N. Goueta renvoie les choix sur l’ancienne municipalité et de manière surprenante me donne la parole pour que j’explique les raisons de cet aménagement. J’ai donc rappelé le processus (concours, concertation, ateliers (on m’a même rappelé en fin de réunion qu’au moins un maire-adjoint de l’actuelle majorité participait alors à ces ateliers) mais au final les choix définitifs ont relevé de l’équipe élue en 2014. Engagement est pris par ailleurs que le square des platanes soit plus végétalisé. Je n’y croie guère vu le bétonnage du quartier, plus important que ce qui était prévu à l’origine.
- Des habitants relèvent qu’on leur parle de la plantation de 150 arbres, mais il en était prévu 200 : il en manque donc 50.
- Le square pour enfants tout neuf a été recassé à cause de problèmes techniques : l’entreprise explique que c’est normal et que c’était prévu. Ah bon, on jette ainsi l’argent par les fenêtres ? De plus des dalles sont déjà fendues. Cela aussi c’est normal ?
J’ai sans doute oublié quelques échanges et j'en suis d'avance désolé, mais le mécontentement que j’ai retracé dans ce billet méritait qu’il soit connu des Colombiens.
Ah oui, j’oubliais : le départ du Leclerc du quartier. Ni la Maire, ni aucun élu de la majorité municipale n’en a parlé qui sont parfaitement informés (du moins quelques uns). moi-même je ne l'ai pas évoqué car je découvert ce projet après le 19 janvier. Mais pour en savoir plus, il suffit de lire la tribune du mois de février des élus écologistes.