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Conseil municipal du 28 septembre 2017 délibération 24 garantie d’emprunts pour ADOMA rue Colbert

J'avais prévu cette intervention lors de la présentation de la délibération 24, mais les échanges ont eu lieu rapidement dès la délibération 10

Je n’ai jamais autant regardé les emprunts et leur taux que ce soir. Chacun peut voir qu’ADOMA finance son opération de démolition-reconstruction du foyer du 203 Colbert par un prêt sur 40 ans grâce au livret A avec un taux variable de 0,55%. Il s’agit de 252 logements financés en PLAI. On est en plein dans le financement du logement social dans des quartiers de politique de la ville. 

Or c’est ce type de financement, nécessaire dans les quartiers de la politique de la ville, mais ailleurs aussi dans nos différents quartiers, que le gouvernement tente de remettre en cause en s’attaquant au modèle économique du logement social et en visant à la dispartion des fonds propres des bailleurs sociaux.

S’il faut saluer quelques mesures annoncées, par exemple une réaffirmation de la loi SRU ou le doublement des crédits à la rénovation urbaine, le projet de loi de finance du gouvernement présenté hier propose de faire des économies en pénalisant les plus précaires, touchés par une baisse de leurs APL compensée par une baisse exigée des loyers et en fragilisant le logement social. En demandant aux bailleurs sociaux de diminuer les loyers, le gouvernement prend le risque de restreindre leurs ressources destinées à améliorer le parc existant – notamment d’un point de vue énergétique – et à produire plus de logements sociaux. Ces mesures, ce sont d’abord les plus modestes qui vont en subir les conséquences.

Vous allez sans doute dire, à votre retour du congrès des HLM à Strasbourg, que vous partagez ces remarques. Mais au contraire de nombre d'autres bailleurs, vous avez anticipé d'une certaine manière les mesures du gouvernement puisque vous avez cessé de construire du logement social depuis votre arrivée en 2014.

Et cela au moment même où les propriétaires de foncier dans les zones tendues dont Colombes fait partie vont bénéficier d’exonérations fiscales pour vendre leurs biens avec au passage un nouveau cadeau pour les promoteurs, qui se voient promettre moins de normes (environnementales notamment comme à la Marine2), ce qui risque de diminuer la qualité des logements produits, d’augmenter la précarité énergétique, mais d’accroître leur rentabilité pour les vendeurs. Toute cette stratégie s’appuie sur la croyance que seule une augmentation de l’offre de logements par la cession du patrimoine social pourra faire baisser les prix du parc de logement. Sans bien évidemment s’attaquer au plus important : la spéculation immobilière et les prix élevés des loyers dans le secteur privé. Or c’est sur cette spéculation qu’il faut agir en priorité, pour limiter voire pour faire baisser le prix des logements et celui des loyers. C’est d'ailleurs le sens de notre tribune du mois d’octobre.

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