Lors des journées du patrimoine, le 18 septembre dernier, j’ai visité l’exposition de photos " Marcel Roux, l'architecte du quartier des Fossés-Jean " organisée par le service du patrimoine de la ville de Colombes au Centre social et Culturel des Fossés –Jean.
Exposition passionnante couplée d’une petite brochure fort pédagogique d’où sont tirées les quelques lignes qui suivent.
Puis deux petits groupes ont pu visiter les Fossés-Jean à l’appui des explications historiques, architecturales et urbaines. Après cela, on voit ce quartier d’un œil nouveau. Je recommande à chacun la visite de l’exposition de photos. Petite exposition, mais combien passionnante.
Le lieu-dit des«Fossés-Jean»
L’origine de l’appellation de « Fossés-Jean » doit être recherchée du côté de Gennevilliers. Dès le
Moyen Âge, l’abbaye de Saint-Denis y avait fait aménager le « fossé de l’Aumône », un canal qui limitait les conséquences des crues de la Seine.
Notre lieu-dit constitue probablement le prolongement du « fossé » gennevillois. Au XVIIIe et au XIXe siècle, les fossés ont été remplacés par une digue, dont le tracé correspond à l’emprise de l’actuelle A86.
Le projet de rénovation urbaine
Le quartier des Fossés-Jean nord est né de la crise du logement, due aux destructions de la guerre et à l’afflux de population dans les villes.
Le phénomène est encore plus aigu dans la banlieue de Paris, où il touche particulièrement les populations les moins favorisées, ouvriers et employés.
Afin de pallier la crise du logement, Colombes se dote d’un plan général d’urbanisme, dans lequel apparaît le projet des Fossés-Jean, approuvé en 1962 : la réalisation du quartier neuf entraîne la disparition d’avenues pavillonnaires modestes (Fraisse, Emilie, la Bruyère, et Gelda).
Sur place, la multiplicité des opérateurs rend l’élaboration du projet complexe. On ignore comment le choix de la municipalité s’est porté sur l’architecte Marcel Roux. Grâce à un livre que ce dernier publie vers 1968, on sait qu’il est présent à Colombes dès 1962.
Après des études à l’école des Beaux-Arts d’Orléans, Marcel Roux s’installe à Paris, où il intègre l’institut d’urbanisme. Avant 1940, il participe à d’importants chantiers, dont l’école Karl Marx de
Villejuif, de son maître André Lurçat, l’un des membres fondateurs des CIAM. On le trouve également
aux côtés de Mallet-Stevens, Georges-Henri Pingusson et Jean Bossu au concours pour la construction des musées d’art moderne de Paris.
Fait prisonnier en 1940, il s’évade et parvient à gagner Alger où il participe aux débats sur la reconstruction de la France. C’est là qu’il rédige avec les autres membres du Centre d’études et
de recherches en urbanisme et Eugène Claudius- Petit, futur ministre de la Reconstruction,
Problèmes d’urbanisme contemporain
Au sortir d’une guerre terrible qui interdisait tout retour au passé, il mettait dans l’urbanisme l’espoir
d’une société nouvelle. Comme tous les architectes de sa génération, il a été influencé par Le Corbusier, mais c’est surtout André Lurçat qui l’a marqué.
En 1950, le tandem qu’il forme avec André Sive est appelé à Firminy par Claudius-Petit. Le Corbusier
les rejoint en 1953. Leur projet pour Firminy-Vert rejette les formes anciennes, une« démission » aux yeux du maire : ensemble ils vont élever un nouveau quartier, qui fera date dans l’urbanisme français et vaudra à Marcel Roux le Prix de l’Urbanisme en 1961.
L’aménagement des Fossés-Jean nord
Le périmètre de rénovation urbaine s’inscrit entre la rue Jules Michelet, l’avenue de Stalingrad, la
route du Port de Gennevilliers, le chemin de l’Aumône et la limite d’Asnières. Afin de garantir les meilleures conditions de vue et d’ensoleillement, l’architecte modélise les ombres portées par les
constructions au solstice d’hiver et d’été. Ici, la sensation d’un tissu aéré domine : une grande superficie est réservée aux plantations et aux cheminements piétonniers….
La suite sur la plaquette du service du patrimoine