Triste jour de rentrée pour les collégiens et les équipes éducatives du collège Dunant. Alors qu’ils devaient entrer dans un collège reconstruit, un incendie s’est déclaré très tôt jeudi matin ,réduisant à quelques ruines fumantes la totalité du nouveau gymnase attenant aux salles de cour.
Malgré une intervention extrêmement rapide des pompiers, les flammes ont eu raison du bâtiment en moins d’une demi-heure. Chacun a été interloqué de cette brièveté de l’incendie officiellement dû à un court-circuit., et s’est réjoui qu’il ne se soit pas déclenché avec des élèves à l’intérieur de l’équipement.
De nombreuses questions restent posées, et l’enquête devra les démêler. A la veille de la rentrée scolaire, les chantiers concernant les établissements scolaires, qui se sont déroulés tout l’été touchent à leur fin, que ce soit à Colombes ou ailleurs. Il est évident que tout le monde - élus et techniciens des collectivités, entreprises- est sur les dents et a à cœur, en plus de l’obligation contractuelle, de livrer les bâtiments tels que cela a été prévu.
Pour le collège Henri Dunant, c’est très différent puisque ce gros chantier est engagé depuis de longs mois.. L’enquête devra dire comment s’est effectué ce chantier, et si la coordination d’une nombreuse sous-traitance était bien menée.
De même, elle devra interroger la commission de sécurité qui avait donné son aval quelques jours auparavant. Dans ce cas, pourquoi le systèmes anti-feu n’ont-ils pas fonctionné correctement ?
En attendant la réponse à de nombreuses questions légitimes, il faut comprendre en quoi le bois n’est pas un matériauxplus combustible qu’un autre, et quelles sont les réglementations en vigueur.
Le matériau bois, et par conséquent les produits et composants de la construction à base de bois, ont des comportements au feu prévisibles et maitrisables dès la conception d’un ouvrage, notamment grâce aux méthodes normatives de calculs nationales et européennes. C’est pourquoi il est aujourd’hui largement utilisé et recommandé dans la construction d’ouvrages divers, des habitations aux bâtiments industriels ou tertiaires.
Distinguer réaction et résistance au feu
« Les idées modernes relatives à la protection contre l’incendie reposent sur le principe de la nécessité de contenir le feu le plus longtemps possible là où il a pris naissance, car c’est le seul endroit où l’on puisse s’en rendre maître tout en sauvegardant la vie des occupants. Ensuite, il faut contrôler l’extension du feu hors du local ou du bâtiment. » (Extrait du DTU P92-703 : Règles Bois Feu de 1988)
Par conséquent, lors de la conception d’un bâtiment, et vis-à-vis de la protection contre l’incendie, deux propriétés fondamentales des éléments de construction sont à prendre en compte : la réaction au feu, et la résistance au feu.
Définitions extraites du Guide ISO/IEC 52 de 1990
Réaction au feu : « Comportement d’un matériau qui, dans des conditions d’essais spécifiées, par sa propre décomposition, alimente un feu auquel il est exposé ».
Cette propriété est essentielle pour contenir et limiter la propagation du feu. Par conséquent, les produits apparents de la construction (revêtements des murs, des planchers, des plafonds, etc.) doivent être choisis en fonction de celle-ci.
Résistance au feu : « Aptitude d’un élément de construction à conserver pendant une période déterminée la capacité portante, l’étanchéité et/ou l’isolation thermique requises en vertu de l’essai de résistance au feu normalisé ».
Cette propriété est essentielle pour la prévision de la résistance de la structure de l’ouvrage en cas d’incendie. Elle concerne par conséquent les éléments de structure porteurs (poteaux, poutres, etc.), mais aussi les éléments de séparation ou de protection (cloisons, portes, plafonds, etc.)
. L’état de la réglementation
Pour chaque type d’ouvrages (habitations, établissements recevant du public…) selon leur nature d’exploitation, les textes réglementaires français fixent les exigences de performances en matière de résistance au feu.
L’arrêté du 21 avril 1983, relatif à la détermination du degré de résistance au feu des éléments de construction et conditions particulières d’essais des ventilateurs de désenfumage, fixait jusqu’à présent les méthodes d’évaluation, les catégories de classification et les modes de justification de résistance au feu.
Trois critères d’évaluation de la résistance au feu des produits, composants ou ouvrages y sont définis :
- Le degré de stabilité au feu (SF) : durée pendant laquelle l’élément résistera mécaniquement.
- Le degré pare-flamme (PF) : durée pendant laquelle l’élément sera étanche aux flammes, aux gaz et aux fumées, et le cas échéant stable au feu.
- Le degré coupe-feu (CF) : durée pendant laquelle en plus des critères précédents, l’élément assurera une isolation thermique suffisante, sera pare-flamme, et le cas échéant stable au feu.
La performance selon ces critères étant exprimée en fractions d’heure allant d’un quart d’heure à 6 heures. On peut par exemple disposer d’un produit classé SF ½ h, signifiant que le produit est stable au feu pendant une demi-heure.
L’arrêté du 22 mars 2004, relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et d’ouvrages, vient abroger le texte de 1983. Cet arrêté défini les nouveaux classements et méthodes, qui deviennent européens. Il prend en compte les actions thermiques et les critères de performance fixés par la norme européenne NF EN 13501 parties 2,3 et 4.
Trois nouveaux critères d’évaluation, appelés « Euroclasses » sont créés. Définitions extraites de la norme NF EN 13501 :
- R (capacité portante) : La capacité portante R est l'aptitude de l'élément de construction à supporter l'exposition au feu sous des actions mécaniques définies sur une ou plusieurs faces pendant un temps donné sans perte de stabilité structurale ;
- E (étanchéité) : L'étanchéité au feu E est l'aptitude d'un élément de construction ayant une fonction de compartimentage à résister à une exposition au feu sur un seul côté sans transmission au côté non exposé du fait du passage de quantités importantes de flammes ou de gaz chauds du feu vers le côté non exposé. Ils peuvent entraîner l'allumage soit de la surface non exposée au feu soit d'un matériau adjacent à cette surface ;
- I (isolation) : L'isolation thermique I est l'aptitude de l'élément de construction à résister à une exposition au feu sur un seul côté sans le transmettre par suite d'un transfert de chaleur important depuis le côté exposé vers le côté non exposé. La transmission doit être limitée de façon à ne pas enflammer la surface non exposée ni aucun matériau dans le voisinage immédiat de celle-ci. L'élément doit assurer également une isolation thermique suffisante pour protéger les personnes situées à proximité.
Les performances selon ces critères étant exprimées en minutes allant de 15 à 240, et pouvant être combinées. On peut par exemple disposer d’un produit classé RE 30, signifiant que le produit assure une résistance mécanique et une étanchéité au feu pendant une demi-heure.
Un comportement prévisible
Le matériau bois, et par conséquent les produits et composants de la construction à base de bois, ont des comportements au feu prévisibles et maitrisables dès la conception d’un ouvrage, notamment grâce aux méthodes normatives de calculs nationales et européennes. C’est pourquoi il est aujourd’hui largement utilisé et recommandé dans la construction d’ouvrages divers, qu’ils soient des habitations, des établissements recevant du public (ERP), des bâtiments industriels ou tertiaires, des lieux de travail, ou encore des bâtiments de grande hauteur.