Mercredi 26 janvier, un accord entre l’Etat et le Conseil régional a été passé, concrétisé par une signature entre JP Huchon et le ministre Leroy, en vue de la fusion des deux projets de transports Arc Expresse et Grand paris.
L’ensemble des élus régionaux et des groupes politiques ont été mis devant un fait accompli qu’on leur demandait d’avaliser, ce que refusent les élus écologistes.
Cet accord prévoit 32,4 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2025 dans les transports franciliens. Or c'est un projet qui n'est pas financé pour le moment, et qui repose sur du sable ; cette annonce ressemble furieusement à de la communication politique.
Au regard des gares prévues, dont plusieurs sont en option, la desserte fine du territoire prônée par le projet initial de la région ne sera pas réalisée et l’accord passé est déconnecté des urgences et des préoccupations des Franciliens, avec un faible nombre de gares par rapport à la proposition faite par la région, tournant le dos aux besoins des territoires enclavés : un train express sans gares intermédiaires est inacceptable.
En terme de gouvernance, la juxtaposition de la société du Grand Paris et du STIF va nous rappeler des bons souvenirs, quad la SNCF et le RATP construisaient chacun leur bout de RER, et que la gestion commune des lignes était et demeure impossible. On ne peut que s’interroger et s’étonner de la précipitation de l'annonce. En consacrant le « Grand Paris Express » et la loi Grand Paris, pourtant critiqués par de nombreux élus de gauche, et même de droite, la Région accepte que la compétence transport soit reprise en main par l'Etat à travers une Société du Grand Paris gouvernée sans les élus franciliens. Il n’est pas possible que la Société du Grand Paris, où siègent 11 représentants de l'Etat, reste entre les mains de l'Etat. Chaque fois que l'Etat a eu la main sur les transports en commun en Ile-de-France, cela a été préjudiciable aux habitants. Certes, la politique est faite de compromis, sans quoi tout resterait figé, mais il s’agit désormais d’un reniement aux engagements, d’un écart que ne supportent plus les citoyens entre les discours et les actes.
Côté financement, on peut douter sur la capacité du gouvernement à mener le projet « Grand Paris Express » à son terme. Il faudra de l’argent, on voit bien que l’Etat lorgne sur les financements du STIF et de la Région, revenant là encore sur les fondements de la décentralisation. Compte-tenu de l’effort financier qui va être demandé à tous, on peut s’interroger sur la capacité de la Région à payer les programmes de transports collectifs autres, dont le prolongement du T1. Il faudra être ferme sur cette question.
Les écologistes attendent encore des engagements fermes et précis sur les engagements de l'Etat, condition sine qua non à l'amélioration et au développement des transports, notamment sur le Versement Transports, la TIPP dite « Grenelle » et sur ce qui sera inscrit à la Loi de Finances 2012.
Alors que le conseil municipal avait voté à l’unanimité deux « cahiers d’acteurs » pour défendre la desserte de Colombes, les choix présentés sur la carte montrent que nos propositions n’ont pas été suffisamment étudiées et pas du tout prises en compte. On ne peut que le regretter. Mais étant d’un naturel optimiste, et connaissant le temps de gestation de ce type de projets, je crois que nous aurons à nouveau le loisir de nous faire écouter et … entendre.
Enfin, je considère que sur ce type de projet, il est regrettable que les maires des villes de la boucle Nord, qui travaillent ensemble depuis des mois sur l’intercommunalités, n’aient pas essayé de s’entendre sur une approche commune et cohérente pour la desserte de nos territoires, et que certains aient cédé assez facilement aux sirènes de la Droite.