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Un nouveau Contrat Local de Sécurité pour Colombes

Ma déclaration lors de la séance plénière du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance(CLSPD) du  16 décembre 2010.

 

"En premier lieu, il est utile de rappeler que le volet Prévention du Contrat Local de Sécurité (CLS) a peu de visibilité sur notre commune, alors que l’action des partenaires institutionnels et associatifs dans les champs du social, de l’éducation, de la santé, de l’environnement, du sport, de la culture, … est importante tant en moyens humains que financiers. Il convient de mieux mettre mieux en valeur.

En second lieu, traiter de la prévention et de la sécurité est toujours un exercice délicat, tant la question est sensible, les besoins réels, les attentes fortes, et les réponses adéquates difficiles à trouver.

Ainsi, pour relancer notre Contrat Local de Sécurité, qui était au point mort depuis des années, notre équipe municipale a cherché – et je crois a trouvé - un juste équilibre pour répondre aux exigences découlant du diagnostic local. Elle l’a fait, sans angélisme pour apporter une partie – et une partie seulement - des réponses aux difficultés que rencontrent quotidiennement les Colombiens, mais sans céder non plus au discours ambiant qui fait de la sécurité un levier pour jouer avec les peurs des Français, s’appuyant sur le moindre fait divers pour annoncer et imposer un nouveau durcissement.

A ce titre, on ne peut que s’étonner des récents commentaires de décisions de justice, fussent-ils émis par un ministre, mettant de fait en cause la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif, et au sein de celui-ci, les responsabilités des uns et des autres.

Je suis inquiet de ce fait du contenu du projet de loi - la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure dite Loppsi 2 - en discussion depuis hier à l’Assemblée nationale - qui est tout de même - excusez du peu - la dix-huitième loi sur la sécurité depuis 2002.

Pour n’en reprendre que quelques exemples qui font écho au travail mené par l’ensemble des partenaires du CLS, je citerais :

- D’une part, l’idée de limiter drastiquement les moyens humains de la police municipale, pourtant indispensables dans nos communes en tant que police de proximité, alors qu’a contrario il est proposé de tripler le nombre de caméras de surveillance, dont l’efficacité dissuasive est encore à prouver en provoquant plutôt des déplacements des infractions – même si elles permettent de temps à autre la résolution à postériori de délits, voire de crimes - et qui peuvent menacer tout de même la protection des libertés publiques.

Je rappelle d’ailleurs que la ville a mis en ligne une pétition pour demander l’augmentation des effectifs de la police nationale au commissariat de Colombes, qui ont baissé anormalement ces dernières années en comparaisons d’autres communes de même strate démographique ou socialement « plus privilégiées".

- Je rappelle au passage que nous avons décidé de désarmer la police municipale de ses armes à feu il y a deux ans, et que la décision du Ministre de l’Intérieur d’autoriser l’équipement des polices municipales d’armes, dites dans un euphémisme trompeur « à létalité réduite », est sans doute un autre exemple du remplacement des effectifs humains par la technologie, là où il est nécessaire de mieux se faire dialoguer les acteurs du ciment républicain.

- Je ne développerai pas ici mon point de vue sur la pénalisation des plus démunis - couvre-feu pour les mineurs, mendicité, Rroms – mais vous devez imaginer ce qu’il est.

- En ce qui concerne le Contrat de Responsabilité Parentale, intégré dans le dispositif de Conseil des Droits et Devoirs des Familles du CLS, nous avons collectivement – je parle des élus– souhaité une amélioration de l’existant en matière d’aide et de soutien à la parentalité, en revisitant ce qu’on appelle la « nouvelle économie de la sanction parentale » en cherchant à éliminer ce qui touche à l’infamie, à la culpabilisation, à l’instrumentalisation de l’action sociale. Ainsi sommes-nous parvenus, je l’espère, en rappelant son caractère consultatif et non décisionnel, en prévoyant de ne pas recourir aux allocations familiales et de soumettre le CDDF à une évaluation qualitative et quantitative triennale, à tirer le meilleur parti du dispositif.

Voici exposée avec ces exemples, l’orientation qui a été la nôtre pour assurer les Colombiens de la volonté de notre équipe municipale en matière de sécurité. Je n’oublie pas également la dimension prévention, incontournable. Je n’oublie pas non plus les risques pris par les personnels de police lors d’interventions difficiles pouvant mettre en danger leur intégrité physique, la leur et celle des populations présentes –en veillant à ne pas justifier les rares écarts aux règles définies par les réglements, la déontologie et au final par leur compétence et leur professionalisme. Je n’oublie pas enfin, la prise en compte du contexte de crise sociale et environnementale que subissent nombre de nos concitoyens et qui justifient, à elle seule, la présence indispensable de tous les partenaires sociaux et éducatifs du CLS.

Au final, Je suis dans l’ensemble plutôt satisfait du résultat du travail collectif de la municipalité et des partenaires de la Ville."

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