Au-delà des transferts, les inter-saisons sont de plus en plus rythmées par des affaires financières, judiciaires et administratives. Et l’Ile-de-France n’échappe pas à la règle.
le Parisien GILLES TOURNOUX (avec b.m.) | 19.06.2010, 07h00
Au moins dix ans que ça dure, presque sans discontinuer, et la tendance n’est sans doute pas près de s’inverser. Des affaires en tout genre ont pris l’habitude d’animer les intersaisons du football
francilien. Trois nourrissent le quotidien cette année.
La première concerne une fraude sur identité en DH d’un joueur de Saint-Ouen-l’Aumône (en litige avec le Paris FC pour une montée en CFA 2), et se trouve entre les mains de la Fédération.
Une décision est attendue la semaine prochaine.
L’UJA (CFA) est au centre de la deuxième, le club du Val-de-Marne cherchant à récupérer quatre points sur tapis vert auprès de la FFF pour accéder automatiquement en National. Saisi à ce sujet, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) devrait rendre un avis (consultatif) lundi.
La dernière implique le Racing-Levallois, en proie à de sérieux problèmes financiers et retrogradé en première instance par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG).
Comme ces deux dernières années d’ailleurs. Le club de Colombes (??? je crois qu'il s'agit du club de levallois, et pas de Colombes) est devenu l’un des agitateurs célèbres de ces intersaisons. A l’été
2003, il se voit refuser l’accession en National par le gendarme financier de la FFF. En 2005, le Racing, placé en liquidation judiciaire, est rétrogradé en DH, et écope d’une interdiction d’évoluer dans les championnats nationaux pendant trois ans. Il repartira pourtant en CFA grâce notamment à la plaidoirie de Me Didier Domat.
Le Red Star ou l’Entente SSG ne sont pas non plus en reste pour alimenter la chronique. Rétrogradé en CFA 2 en 2002, le club de Saint- Ouen a depuis été repêché en CFA (l’an passé en récupérant un point
perdu sur tapis vert pour jets de projectiles).
L’ESSG a, elle, été rétrogradée en première instance à chacune de ses fins de saison de National (2003 à 2009) avant d’être réintégrée en appel.
Pas simple d’y voir clair au regard de ces multiples imbroglios financiers, judiciaires ou administratifs. Les nouveaux calendriers étant publiés mi-juillet sans que certains verdicts ne soient rendus.
« Il faut un peu de sel dans la vie », sourit Michel Cavillier, secrétaire général de la Ligue Paris-Ile-de-France. Et d’ajouter : «
Les affaires sont en augmentation. Il y a vingt ans, les gens ne plaidaient pas. Aujourd’hui, tout le monde conteste tout. » C’est la conséquence d’« une évolution des mentalités assez manifeste depuis
quatre-cinq ans », selon Didier Domat. « L’enjeu local, le trafic d’influence de plus en plus important, sachant que les gens des commissions des Ligues ou Districts sont eux-mêmes dirigeants de
clubs, et la démocratisation de l’accès au droit explique cela », poursuit l’homme de loi. En résumé, « un bon avant-centre marque des buts, un bon secrétaire de club fait marquer des points », conclut
Michel Cavillier sur le ton de la boutade.