Les récents événements en cours en Angleterre depuis quelques jours nous interpellent.
On pourrait écrire plein de choses, y compris sur le supposé angélisme des bobos.
Lesquels rappellent tout simplement que, malgré tout, la France et l'Europe Occidentale sont des îlots de sécurité par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde.
Tout est relatif, et les intéressés ressentent le contraire, mais même à Marseille il n'existe rien de comparable en dureté de vie à certaines banlieues des USA, sans compter de Rio ou d'ailleurs dans le tiers-monde
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Toute la délinquance des 65 millions de français correspond numériquement à celle du seul district fédéral de Columbia et ses 6 millions d'habitants, malgré la perpétuité automatique à la quatrième infraction. Alors, même si ce sont, bien sur, les voisins pauvres qui sont les victimes naturelles des jeunes délinquants pauvres, évitons quand même le catastrophisme, les étrangers trouvent les Européens tout simplement ridicules lorsque ils entrent dans ce registre.
L'insertion sociale des jeunes ne se fait plus comme jadis vers 15/17 ans en raison de l'évolution économique et en particulier le chômage de masse. Elle rend socialement inutile, et sans ressources légales, la masse des non-qualifiés, et aux yeux de beaucoup de jeunes immatures rend illégitimes les règles sociales, notamment lorsqu’elles s'opposent à la "débrouille" permettant de survivre (y compris le trafic de stupéfiants qui n'en est qu'un des aspects).
Une "contre culture" quasiment infantile, comportant la disqualification du travail scolaire, vécu comme une trahison du groupe, et l'appropriation du micro-territoire devient ainsi la règle du jeu du groupe d'âge, parce que la vraie socialisation ,hors du groupe d'âge, se fait plus difficilement et plus tard que par le passé.
L'obligation scolaire jusqu'à 16 ans est une ânerie idéologique rendant encore plus difficile et tardive l'insertion sociale par imitation des adultes rencontrés au travail, notamment des adultes hommes, modèle naturel spontané des jeunes garçons.
Hommes que l'on trouve de moins en moins dans l'éducation nationale. Le système français de représentation politique, dans son archaïsme rural, abouti mécaniquement à empêcher l'émergence d'une élite politique issue des quartiers urbains et en représentant la diversité.
Même les écolos y arrivent peu et mal. Cela accentue chez les jeunes, qui s'en rendent bien compte, le sentiment d'étrangeté à la société. Les coupes budgétaires massives, l'abandon administratif des quartiers et le mauvais emploi des services de police (on ne fait pas de présence policière sur un quartier en se déplaçant en voiture) diminuent encore les occasions de contacts positifs entre jeunes et adultes ... et pourtant les jeunes privilégient la police comme métier idéalement souhaité !!!
On a trouvé aujourd'hui les limites de la politique de la ville, qui consistait bien souvent à acheter la paix au moyen d'emplois dans les collectivité locales donnés aux leaders d'une tranche d'âge, qui se trouvaient souvent être aussi les dealers les mieux installés. La réalité est que la seule solution durable est économique : l'insertion sociale, y compris l'éducation primaire des jeunes, passe par le travail et l'imitation d'un modèle positif de comportement donné par les adultes rencontrés au travail. Tant qu'on ne travaille pas, on n'est pas adulte. Le reste est de la littérature et de la rustine, y compris la répression pure et dure (car il y a un lien direct entre niveau de délinquance et dureté de la répression, plus on réprime plus il y a de délinquance, et réciproquement). Le travail social est aussi de la rustine tant qu'on n'a pas de solutions concrètes de vie économique autonome à proposer autre que le deal ou l'engagement dans l'armée, la police, et autres administrations, qui recrutent de moins en moins, crise aidant.
HB