Vœu Centre IVG de Colombes
La loi Hôpital Santé Patients Territoires – ou loi HSPT - a pour objectifs officiels, selon le gouvernement, de moderniser le fonctionnement des établissements, de rationaliser leur situation financière.
En réalité on assiste à la métamorphose néfaste du système de santé hospitalier public, qui, entièrement soumis à la décision des directeurs d’hôpitaux dans une logique de profit et de tarification aux recettes, devient grandement préjudiciable aux patients.
Les moyens attribués aux Centres d’Interruption Volontaire de Grossesse n’ont cessé de diminuer et la politique financière de l’AP-HP inspire la décision prise par la direction de l’Hôpital Louis Mourier de ne pas remplacer le départ d’un poste de praticien « fléché » et dédié aux IVG pour 20% de son temps.
Face à la diminution des moyens alloués à ce centre, il est important de rappeler :
Que l’IVG est un droit conquis de haute lutte et qui sauve la vie de nombreuses femmes dans sa pratique hospitalière. Toute diminution des possibilités de pratiquer une IVG constitue une régression de facto des droits de femmes,
Que le centre IVG de l’hôpital Louis Mourier a été créé dès 1975 après le vote de la loi Veil, soutenu par les militantes et militants du droit des femmes à disposer de leur corps, et que ce centre a toujours rempli ses missions, même quand des commandos anti-IVG essayaient de l’en empêcher,
Que l’Inspection Générale des Affaires Sociales insiste sur l’importance de l’IVG en tant que question de santé publique et sur l’importance d’y dédier des moyens suffisants,
Que la diminution des moyens dédiés à l’IVG constitue une régression sociale : en effet, chaque année des femmes ayant respecté les délais nécessaires ne trouvent pas de place en France et sont contraintes d’aller à l’étranger avec l’aide du Mouvement Français pour le Planning Familial. La période estivale est particulièrement délicate, la plupart des centres étant fermés en IdF…
Que l’Hôpital public est la seule structure capable d’accueillir les femmes en grande difficulté (bénéficiaires de l‘AME, de la CMU, patientes sans mutuelles, sans couverture sociale, jeunes filles mineures,…) qui ne peuvent s’adresser aux établissements privés ou aux médecins de Ville pour des IVG médicamenteuses, tout simplement parce qu’il faut avancer les frais ou bien parce qu’il y a des dépassements d’honoraires. Le fait est que ces femmes sont de plus en plus nombreuses dans notre Région.
Que le Centre IVG de l’Hôpital Louis Mourier est un centre de pointe tant du point de vue du nombre de cas traités (nombre en augmentation constante), de l’importance de sa période d’ouverture, de la formation de ses praticiens que des techniques médicales employées,
C’est la raison pour laquelle les élus de la majorité du conseil municipal de Colombes émettent le vœu que soient rétablis à leur niveau initial les moyens dédiés au centre IVG.