Incroyable débat le week-end dernier sur l’augmentation du taux de TVA des tickets d’entrée des parcs de loisirs.
Incroyable qu’une pareille idée ait pu être présentée comme un pilier d’un plan de retour à l’équilibre des finances publiques !
Incroyable aussi que cela ait pu être un sujet de discorde au sommet de l’État entre un ancien Premier ministre et le Président de la République sans que l’actuel Premier ministre ne soit en mesure de dire ce qui a finalement été arbitré !
Incroyable que les média, avides de petites phrases, n’aient pas mis leurs projecteurs sur les mesures les plus lourdes, les plus graves aussi, à commencer par l’augmentation des taxes sur les complémentaires santé, à laquelle les écologistes sont fermement et totalement opposés.
Pour l’heure, ce plan d’austérité qui ne dit pas son nom, ne comporte que quatre mesures assez minimes, bien qu’injustes pour la plupart d’entre elles.
Une fois de plus, le Gouvernement s’inscrit dans une logique d’affichage plutôt que dans l’action, alors que le déficit en 2011sera plus important que prévu, de plusieurs milliards d’euros.
Il reconnaît également qu’il y aura des dépenses exceptionnelles : plus de 450 millions prévus pour solder l’affaire des frégates de Taïwan.
Il n’y a rien d’étonnant à cette politique d’affichage qui constitue l’une des caractéristiques premières de l’action de la majorité depuis quatre ans. Le fil conducteur des mesures fiscales du Gouvernement depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, c’est l’injustice.
Si le Gouvernement avait voulu lutter efficacement contre l’accroissement du déficit public, il aurait surtout dû éviter tous ces cadeaux fiscaux aux plus aisés qu’il a accordés jusqu’en juillet de cette année avec la suppression d’une part très importante – près de 2 milliards d’euros – de recettes de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Le Gouvernement se trouve désormais dans le rôle du pompier pyromane, obligé d’éteindre un incendie qu’il a lui-même causé avant la crise.
La Droite a créé de nombreuses niches fiscales auxquelles elle ne s’est jamais attaquée. Elle a dû reconnaître son erreur pour ce qui est du bouclier fiscal, qui était une sorte de super-niche fiscale, mais vous n’a rien fait pour lutter contre les niches fiscales anti-écologiques. La seule qu’elle a divisée par deux est le crédit d’impôt développement durable… Comme par hasard !
Quant aux baisses de recettes décidées depuis 2007 à travers diverses mesures, il y a aussi fort à dire. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 s’est soldée par 9 milliards d’euros de manque à gagner, qui n’ont pas été compensés puisque la taxe carbone a été abandonnée en rase campagne. Pour les années suivantes, le coût de cette mesure pour le budget de l’État est évalué à 5 milliards d’euros par an.
Surtout, il y a eu cette scandaleuse mesure de la loi TEPA en 2007 : l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires. Elle n’a pas profité aux salariés, contrairement à ce qui a été dit.
La défiscalisation représente à peine plus de 100 millions d’euros de gains alors que les exonérations de cotisation ont coûté plusieurs milliards d’euros.
Si le Gouvernement voulait réellement combattre le déficit et cesser d’aggraver la dette comme il l’a fait depuis quatre ans, il devrait revenir sur ces mesures. Mais pendant quatre ans, ce n’est pas la règle d’or dont il se réclame aujourd’hui qui a vous été appliquée, mais bien une politique de plomb. Une politique de plomb pour les services publics, pour l’emploi public, pour tous ces emplois au service de la population.
Disons-le en ces jours de rentrée scolaire!
Mme Pécresse déclare partout que cette politique a eu des effets bénéfiques sur le budget de l’État. Eh bien non ! Le déficit n’a cessé de s’aggraver. Et s’il y a eu des effets, c’est en termes de dégradation des services rendus à la population française. C’est cela que les Français ressentent aujourd’hui. Réduire la qualité des services publics tout en plombant durablement nos finances publiques, il fallait le faire !
Avant de faire les poches des Français, il faut bien dire les choses comme elles sont, à travers toute une série d’impôts et de taxes, que la Droite commence donc par supprimer les cadeaux fiscaux qu’elle a accordés aux plus fortunés et peut-être retrouvera-t-elle un début de crédibilité.