Régulièrement, depuis des années, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) alerte associatifs, politiques, élus sur les risques d’expulsion hors de France de familles dont les enfants sont scolarisés en France. C’est vrai en France, dans les Hauts-de-Seine, à Colombes. C’est grâce à ce réseau de vigilance et de mobilisation que des enfants ont pu poursuivre leur scolarité tout en restant en famille, malgré des conditions de vie difficiles, et la peur au ventre d’un contrôle d’identité qui bouleverserait des équilibres familiaux des plus précaires.
L’expulsion du jeune lycéen Khatchit vers l’Arménie, de la collégienne Léonarda vers le Kosovo avec sa famille, et de nombreux autres dont la presse ne se fait jamais l’écho, soulève la question des politiques migratoires.
Je me rappelle que EELV et le PS avaient signé le 15 novembre 2011 un accord de mandature intitulé « pour combattre la crise et bâtir un autre modèle de vivre ensemble ». Le candidat Hollande avait pris dès le premier trimestre ses distances avec cet accord. Le Président Hollande devrait pourtant relire le chapitre intitulé « une autre politique migratoire doit être engagée à tous les échelons ». Il devrait même tout relire.
Qu’y était-il écrit, au moment où Sarkozy discriminait les Roms, où la politique du chiffre concernant les expulsions mise en œuvre par la police était érigée en dogme, quand Sarkozy modifiait tous les 6 mois la législation au point de faire de la solidarité un délit, quand ce Président-là stigmatisait les étrangers dans son discours de Grenoble ?
Dans un contexte où les migrations sont devenues un phénomène planétaire dans le cadre de la mondialisation (par exemple, qui construit les installations pour les JO du Qatar ?), les propositions – partagées à l’époque - s’intégraient à la fois dans une stratégie européenne, et dans l’analyse de la situation française
Que disaient-elles ?
C’était visiblement il y a très, très longtemps, il y a déjà ... 2 ans ….
Depuis les propos du ministre de l’intérieur, plus soucieux de sondages que de valeurs, n’ont fait qu’accroitre les peurs et les inquiétudes vis-à-vis des étrangers. Pour ceux qui, comme moi, revendiquent une citoyenneté de résidence – et on peut rencontrer tous les jours à Colombes des citoyens pas du tout, pas trop, un peu, beaucoup, énormément, impliqués dans la vie locale, qu’ils soient français ou étrangers – j’ai du mal à digérer ces paroles. Et le fait qu’une circulaire soit adressée aux Préfets au sujet des étrangers scolarisés me laisse pantois : à défaut d'être dans leur gênes, je pensais que c’était entré dans les pratiques de la justice et de la police depuis le printemps 2012.
Quelle déception.