mon interview dans le dernier numéro de MosaïqueÀ quels besoins répond la construction de logements à l’Île-Marante ?
Le but de la ZAC est triple : poursuivre l’amélioration du cadre de vie du quartier de l’Europe, renforcer la mixité sociale, et répondre à la forte demande des Colombiens en matière de logement.
Il n’y a pas eu de nouvelle construction de logements sociaux sur la ville depuis huit ans, c’est la raison pour laquelle nous avons légèrement augmenté le nombre de ces logements par rapport au programme initial. Mais nous essayons aussi de diversifier les types de logements, en proposant de l’accession sociale, du locatif libre, du collectif comme de la maison de ville, le tout à des prix accessibles. Cette démarche, nous la généralisons dans toute la ville. Il faut faire fonctionner le parcours résidentiel, qui est bloqué actuellement, car la flambée des prix dans l’immobilier repousse les classes moyennes de plus en plus loin de la ville.
Notre réflexion porte sur tout le quartier Europe :nous voulons lui redonner du liant, travailler sur le bâti, la circulation, avec l’arrivée du tramway T1, ce qui rejoint les objectifs du PLU (Plan local d’urbanisme). La ZAC de l’Île-Marante, comme celle de la Marine au Petit-Colombes, représente le court terme, mais nous réfléchissons aussi sur le long terme.
De nombreux changements ont été apportés au fil des années à ce projet…
Nous n’avons pas voulu remettre en cause, par principe, l’ancien projet. Nous avons repris celui-ci sans parti pris : nous l’avons analysé puis modifié, en suivant nos objectifs : plus de logements sociaux, promotion des circulations douces, obligation de suivre les normes BBC(Bâtiment Basse Consommation), qui seront obligatoires dès 2012. Malheureusement sur ce point, l’opération était trop engagée par l’ancienne municipalité pour aller au maximum de ce qui était possible.
Quelles sont les grandes modifications décidéespar la municipalité ?
Un espace vert, peu accessible au public, a été amélioré pour en faire un jardin public plus attrayant pour les familles et les personnes à mobilité réduite. Nous avons supprimé des éléments peu écologiques, coûteux en terme d’investissement puis de gestion comme le faux « canal » - en fait un filet d’eau - ou le mur d’eau près de l’autoroute, tout en faisant évoluer la réserve naturelle pour lui conférer une vocation pédagogique.
Alors que le projet était complètement refermé sur lui-même, nous avons amélioré sa mise en relation avec le parc Lagravère avec le réaménagement de la passerelle et avec la rue Frankenthal en l’ouvrant sur le quartier et en organisant mieux les circulations, y compris pour les vélos.
Le nombre de berceaux dans la crèche, enfin, a été augmenté, il y a désormais 60 lits, et pour plus de sécurité et de tranquillité, elle a été déplacée de l’avenue de l’Europe vers l’intérieur de la rue Frankenthal. L’Île-Marante comprenait, jusqu’à son inscription pour démolition dans le périmètre de l’Anru, deux immeubles totalisant 300 logements sociaux, et il a été décidé à l’époque de ne reconstruire sur place qu’un tiers de ces logements, ce qui a d’ailleurs provoqué de fortes critiques.
Nous avons pris plusieurs engagements, en premier lieu, celui de rajouter 50 logements sociaux au projet. Quelques-uns nous accusent de vouloir densifier ce quartier, mais ce principe était déjà avancé dans les premières esquisses.
Malgré tout, nous perdons 150 logements sociaux ; 86 ont déjà été reconstruits ailleurs sur la ville, mais nous veillerons à les reconstituer en intégralité dans les années à venir.
Quelle place les habitants du quartier ont-ils pris dans cette réflexion ?
Le temps de la concertation est important à nos yeux. Nous avons toujours dit publiquement ce que nous faisions, il y a eu une première réunion publique au cours de laquelle la municipalité a présenté les premières hypothèses de modification du projet de l’Île-Marante. Nous n’avions pas de marge de manoeuvre pour effectuer des modifications sur la 1re tranche de travaux. Mais, avec le conseil général, nous participons à un syndicat mixte qui initie cette opération, et nous allons faire des réunions publiques et engager une concertation sur les tranches suivantes.