Par patrick
Dans le huis clos du Conseil des ministres, la ministre écologiste du Logement a non seulement demandé des « réponses lourdes » à l'affaire Cahuzac en matière « d'éthique », mais elle a aussi souhaité une inflexion de la politique économique et sociale.
Reuters
L'affaire Cahuzac n'a pas fait qu'ébranler l'exécutif sur l'un des fondements de la campagne présidentielle de François Hollande -« la République exemplaire ». Elle crée aussi des interrogations fortes dans la majorité. Mercredi matin, après les interventions de François Hollande et Jean-Marc Ayrault dans le huis clos du Conseil des ministres, l'écologiste Cécile Duflot a demandé à prendre la parole. Et son intervention en forme d'avertissement a été sensiblement différente de la ligne de défense martelée toute la journée par les responsables de l'exécutif.
Risque de « 21 avril »
Alors que le président évoquera quelques heures plus tard dans son intervention télévisée « la défaillance d'un homme », la ministre du Logement a, elle, estimé que l'affaire Cahuzac représente « un problème plus grave qu'une question morale ou de responsabilité individuelle ». « Ce genre de cause a mené au 21 avril » 2002, a-t-elle avertie, en référence à l'élimination du socialiste Lionel Jospin dès le 1er tour de la présidentielle au profit du FN.
Afin de ne pas susciter une reproduction de l'histoire, la dirigeante écologiste a non seulement souhaité des « réponses lourdes » de l'exécutif en matière d' « éthique », mais pas seulement.
Changement de politique
Selon elle, l'ex-ministre du Budget « avait incarné la rigueur et l'austérité budgétaire ». « On ne peut pas continuer de dire la même chose aux Français », a-t-elle souligné, jugeant que « la question de la ligne politique » suivie par l'exécutif en matière économique et sociale était posée. Cécile Duflot qui s'était déjà insurgée il y a quelques semaines contre le nouveau plan de rigueur à venir pour le budget 2014, saisi ainsi l'occasion de plaider à nouveau pour une inflexion politique.
Mais ce plaidoyer rejoint également une inquiétude présente chez certains députés PS, selon lesquels l'affaire Cahuzac risque de rendre illégitime, aux yeux des Français, les « efforts » qui leur sont demandés par l'exécutif pour réduire les déficits publics. Lors de la réunion à huis clos du groupe PS de l'Assemblée, le député de l'Essonne Malek Boutih a ainsi réclamé « un nouveau souffle » politique.
Reuters Les Echos Par Elsa Freyssenet | 03/04
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