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A Vélo, quand je veux, où je veux

2800759_834fd6cb6f_m.jpegLes élus disposent de nombreux outils  pour encourager la pratique du vélo comme mode de déplacement. Ils peuvent, bien sûr, bâtir des voies cyclables protégées par un petit rebord ou, à défaut, des bandes matérialisées sur le bord de la chaussée, en s’assurant de la continuité de ces espaces. Dans les rues en sens interdit, des voies en contresens peuvent être tracées de façon à créer des « raccourcis » pour cyclistes. Là où elles existent déjà, ces voies montrent leur efficacité et n’enregistrent pas d’avantage d’accidents.

Ces évolutions, trop timides, doivent amener chacun à se pencher sur le « code de la rue » que tentent de populariser les associations de cyclistes, dont l’antenne du MDB de Colombes (« Colombes à Vélo ») dont je fais très modestement partie.

Le code de la route, vieux de près d’un siècle, ne fait aucune différence entre tous les types de véhicules et les types d’usages Au contraire, le code de la rue, lui, adapté aux au mode de vie urbain du 21ème siècle, ferait des feux rouges de simples stops pour les vélos tournant à droite, et laisserait les cyclistes circuler dans les sens interdits créés pour réguler … la seule circulation automobile.

Ce même code permettrait peut-être d’en finir avec la guerre des usages, opposant automobilistes et cyclistes

Pourquoi le vélo ?

Alors que la par modale du vélo est de 10% en Allemagne, elle n'est que de 2,7% en France. Cependant, le vélo est :

1) un poids non négligeable : près de 4,5 Mds € et 35 000 emplois (surtout liés au tourisme à vélo et 1/3 à l'industrie et à la distribution des cycles)

2) un potentiel de développement considérable, chaque Français ne parcourant actuellement à vélo que 80 Km/an avec un vélo de qualité moyenne

 3) Un vrai levier sur l'investissement (500 M€ en 10 ans) des collectivités locales en milieu urbain et rural :

Pour rejoindre le peloton européen (Allemagne, Suisse, Autriche, Belgique, Suède, Norvège, Finlande qui font environ 300 km par an, il faudrait un investissement de 15 à 20 € par an et par habitant. Avec seulement 10 € la France pourrait atteindre l'objectif de 1 m d'aménagement cyclable par an et par habitant dans 10 ans ( actuellement 20 cm !!)

4) Des activités à forte intensité en emploi

5) Une amélioration de la compétitivité de la destination France : qualité de vie des stations, relocalisation d'activités touristiques.

7) Des bénéfices publics à long terme : santé publique et qualité de la vie

30 minutes de vélo par jour : diminution de 46% des maladies cardio vasculaires, de 32% des hypertensions et 68% des dépressions.

Soyons optimistes

Si, en 2020, la part modale du vélo atteignait 12% (pour 2,7% actuellement), le secteur aurait un chiffre d'affaires de 8,3 Mds€, emploierait 60 000 personnes et réaliserait 15,4 Mds€ d'économies de dépenses de santé. Ce qui ramènerait à zéro de déficit de la sécurité sociale

Le vélo propose donc un fort retour sur investissement pour l'État et les collectivités.

Penser la ville cyclable

Pour cela il faut être volontariste et lancer une stratégie pour rendre le vélo compétitif sur tous les déplacements en usage exclusif ou en intermodalité, et pas seulement pour les loisirs du dimanche.

- généralisation des pôles d'intermodalité permettant le rabattement vélo /TC (vélos en libre service, parc relais, vélos avec bornes électriques) aux 4 gares de Colombes, et aux futures stations de tramway.

- Réservation d'itinéraires express et fluides pour les vélos, sécurisés et attractifs

- mise en place de quartiers apaisés autour des futures stations tram

- maillage d'itinéraires loisirs, dédiés au cabotage et à la promenade.

 

Une politique vélo ne demande non pas 2 ans mais 20 ans pour donner des résultats. Ce n'est pas non plus l'augmentation des pistes cyclables – même si elles y contribuent -  qui fait augmenter le nombre des cyclistes. Il faut aussi s’appuyer sur l'outil de l'urbanisme réglementaire :

· POS de 2000 et élaboration du PLU

· diminution pour tous les endroits situés à moins de 500 m d'une station de TC (0,5 voiture par logement) du stationnement de voitures

· augmentation des espaces clos, couverts accessibles pour les vélos,

· densification urbaine

· mise en place du Code de la Rue

· généralisation de la zone 30

· déploiement de zones de rencontre

· éco-quartier de la Marine avec alternatives à la voiture.

· mise en place d'un vélo loué pour une moyenne ou longue durée mais sans publicité

....

 

Une pensée à Ludovic BU, président de Voiture & co, coauteur avec Marc FONTANES et Olivier RAZEMON d’un ouvrage paru aux éditions Rue de l’Echiquer, « les transports, la planète et le citoyen, en finir avec la Galère, découvrir la mobilité durable ». Mais comme je connais Ludovic, et ni Marc, ni Olivier, c’est le premier qui a le droit à mon clin d’œil.

 

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