Par patrick
François DE RUGY
Député écologiste de Loire-Atlantique
Membre de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale
Communiqué à la presse
jeudi 10 septembre 2009
Depuis la remise du rapport de Michel Rocard, que les écologistes avaient salué, le gouvernement avait multiplié les annonces contradictoires sur la « taxe carbone » au point de créer la confusion d’abord, l’hostilité ensuite.
On pouvait espérer de l’intervention présidentielle qu’elle recadre le débat et comporte des propositions crédibles et convaincantes : l’enjeu est d’organiser efficacement la transition vers une société de sobriété et d’efficacité énergétique en faisant reculer l’injustice sociale.
Pour sortir de l’impasse dans laquelle le gouvernement s’est laissé enfermer, Nicolas Sarkozy n’a lésiné sur rien : expression grandiloquente, indignations feintes, inexactitudes factuelles.
Orateur habile, le Président a tenté de prendre de la hauteur, évoquant les grands rendez-vous internationaux, et le rôle que la France entendait jouer vis-à-vis de ses partenaires.
Mais derrière ce discours, il y a la réalité de la politique gouvernementale.
Comment oublier que dans le plan de relance, la part consacrée à la nécessaire transformation écologique de notre économie est totalement anecdotique (600 millions d’euros, soit 2% des sommes engagées) ?
Comment oublier que seuls 10% des investissements supplémentaires programmés par EDF seront consacrés aux énergies renouvelables ?
Comment oublier que les sommes allouées à la lutte contre la précarité énergétique des logements modestes sont dix fois inférieures aux besoins identifiés par le gouvernement lui-même ?
Le Président, qui prétend promouvoir une « culture du résultat » enchaîne les annonces et fixe des objectifs généraux sans jamais se donner les moyens de résultats concrets et durables.
En excluant par principe l’électricité, il ne projette pas la France dans une politique résolue d’économies d’énergie, seule à même de redonner aux Français du pouvoir d’achat dans un contexte de hausse des prix de toutes les énergies (pétrole, gaz, électricité).
Enfin, en liant instauration de la taxe carbone et suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, le Président ne résiste pas à la tentation d’utiliser la taxe carbone pour combler le déficit de l’Etat.
Encore une fois avec Nicolas Sarkozy, les mots d’un jour se heurtent à la réalité des actes de tous les jours.
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