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retour sur les élections européennes

Retour sur les élections européennes

source: sondage Sofres du 7 juin (http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2009.06.07-sondage-jour-du-vote.pdf  

Ce sondage révèle deux leçons :
l'abstention a plutôt minoré les écologistes par rapport à la droite (mais son effet est neutre entre les forces de  la gauche « participative »), et d'autre part le vote écologiste est le premier vote progressiste dans toutes les catégories du « monde du travail et de la culture ».

I. Une abstention politique

Il s'agit d'une tendance lourde et générale : on vote de moins en moins, aux élections nationales comme
européennes, et pas seulement en France.
L'économie est unifié à l'échelle du continent, voire du globe, mais pas la politique. Le vote semble donc  ne plus rien pouvoir déterminer, car la contrainte économique européenne pèse trop lourd sur les politiques nationales, alors que le Parlement européen a trop peu de pouvoir pour espérer contrôler les forces économiques à l'échelle continentale.

Cependant l'abstention du 7 juin 2009 est assez spécifiquement orientée, politiquement et sociologiquement.

Sociologiquement : faible abstention (42%) chez les plus de 64 ans, énorme chez les moins de 35 ans (71%), ce qui a faussé le résultat en faveur de l'UMP et en défaveur de Europe Ecologie. Car EE recueille au dessus de 16% jusqu'à 49 ans, 16 % (sa moyenne toutes tranches d'age) entre 50 et 64 ans, et 8% chez les plus de 65 ans!

On constate que les ouvriers ont peu voté  et encore moins les patrons (artisans compris) : Les employés s'abstiennent aussi, ce qui défavorise encore EE, car EE obtient 24% chez les employés.

Le contenu politique de l'abstention :

D'abord 8 % se sont abstenus parce que l'Europe ne les intéresse pas, et 20% parce qu'ils sont mécontents de l'Europe actuelle, celle de Maastricht-Nice, mais on constate que 31% des abstentionnistes ont d'abord
voulu manifester leur mécontentement à l'égard des partis français ! Plus particulièrement, voter ou pas est une position pour ou contre le Parlement européen lui même.

Trois courants politiques sont sanctionnés pour avoir fait une mauvaise campagne, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas convaincu leurs sympathisants habituels de se déranger cette fois-ci pour qu'ils aient des élus : les trotskistes, le Modem, et le FN . Si, pour le NPA et le FN, il y a un effet sociologique, on attendait le contraire du Modem. C'est donc pour lui une pure sanction politique : il a déçu son électorat européiste.
Les voix déçues du Modem se sont davantage détournées vers l'abstention que reporté sur EE.

Finalement, ceux qui se sont le moins abstenus sont les « sans préférence partisane » . Et c'est eux sans doute qui ont assuré la percée de EE dans les derniers jours (ils sont 16% à voter EE lorsqu'ils votent).

II. Le vote EE, premier vote populaire

Qui a voté pour les écologistes ?

Les jeunes d'abord, surtout les jeunes actifs (jusqu'à 49 ans) .

D'où viennent ces voix d'EE, qui dépassent largement les meilleurs scores des Verts, les 10% de la liste européenne déjà conduite par Dany Cohn-Bendit en 1999, et même la somme Verts+Génération Ecologie des régionales de 1992  soit 14% ? Et encore, l'électorat disposait cette fois-ci d'une offre écologiste de droite : les
listes AEI conduites par A. Waechter et F. Lalanne, qui approchent 4% le 7 juin, que leurs électeurs aient voté par erreur ou consciemment pour des écologistes qui ne soient pas de gauche.

Politiquement, sur 100 % qui s'affirment d'extrême gauche, 59% ont voté NPA ou LO , mais 12 % pour le FdG,11% pour EE, 8% pour le PSŠ Le « vote utile » n'a eu qu'un piètre effet, et les « révolutionnaires » qui ne croyaient pas au vote  trotskiste se sont presque également répartis entre Front de Gauche et Ecologistes.

Quant à l'électorat se déclarant socialiste, il a voté à 5 % pour le FdG (sanctionnant l'échec de
la scission Mélanchon), à 62% pour les listes PS, et à 20 % pour EE ! C'est là qu'a lieu le déplacement principal : 10% seulement de l'électorat sympathisant Modem aura finalement voté EE.

III. Le vote EE est-il un vote « bobo » ?

Le vote écologiste atteint 13% des voix ouvrières. Une semaine avant le vote, peu accordaient un tel score à EE sur la population totale ! EE est en fait, chez les ouvriers, le premier choix à gauche, derrière l'UMP (15%) et
surtout hélas le Front National (21%). Les écologistes obtiennent plus du double de voix ouvrières que le Front de Gauche (6%), plus d'une fois et demi le vote NPA.

Et, avec 24%, EE arrive en tête chez les employé-e-s (24%), où le vote FN tombe tout de suite à 2%, chez les professions intermédiaires (24%), chez les professions intellectuelles (32%), bref  chez les ouvriers et les classes moyennes salariées. Il n'est donc pas étonnant que dans la "banlieue rouge" où le PCF règne encore en maître, Saint-Denis, Villejuif, etc., Europe-Ecologie arrive soit devant les listes du Front de gauche, soit derrière à quelques dizaines de voix près.

Bien sûr, si l'on prend à l'inverse la composition du vote écologiste, le poids quantitatif du vote « salariés non-manuels » l'emporte largement sur le vote des « manuels ».
Même si l'écologie devient le premier parti de l'espoir chez les ouvriers, même si le vote populaire (ouvrier et employés) l'a placé en tête, il lui reste encore du chemin à faire. Être le parti de l'espérance ne suffit pas,

IV. A colombes :

La tendance nationale est renforcée pour EE, puisque le résultat local est de 4 points supérieur au résultat national avec  un peu plus de 60% d’abstention  en moyenne, un peu moins dans les quartiers où l’on trouve les actifs salariés, beaucoup plus (jusqu’à 66%) dans les quartiers nord.

Avec 20,2% des suffrages exprimés, EE est la seconde force électorale de Colombes, derrière l’UMP (28,7%) et devant  le PS (14,6%) le PC +PG(8,2%) le Modem(7,8%).

Le Modem est assez constant quant aux derniers scrutins électoraux, avec un tassement global de quelques points, une partie de l’électorat de centre-droit ne se reconnaissant pas dans la campagne de Bayrou et ayant préféré s’abstenir.

Comme les analyses de la Sofres l’ont montré, l’électorat du PS a en partie basculé vers EE, qui recueille ainsi le vote de centre-gauche qui était celui d’une social-démocratie dont chacun fait le constat qu’elle n’a pas su renouveler sa mission historique du siècle dernier.  De manière générale EE dépasse le PC+PG dans les quartiers nord, pour ce qui concerne l’électorat qui s’est exprimé.

Quant à l’UMP, ses résultats sont décevants compte-tenu du poids de l’appareil de la maitrise et de l’orchestration des médias par l’Etat-UMP, même s’il est la première force politique à Colombes à l’issue de ce scrutin, mais derrière, loin derrière,  tout de même la majorité municipale.

 

EE

PS

PC+PG

modem

UMP

Canton sud

23,08

11,89

5,24

8,67

34,33

Canton nord-est

15,97

16,70

12,46

6 ;59

22,81

Canton nord-ouest

18,74

17,76

10,05

7,24

23,40

 

 Total Colombes

20,24

14,57

8,23

7 ;80

28,71





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V
<br /> Si l'usine à gaz a besoin d'Un Maître-Plombier, pas nous!<br /> <br /> La présidence française a, selon ses propres dires, « tenu bon », demeurant immobile face à la contingence sociale. Ne sont authentiquement français, en effet, que les patrons et<br /> actionnaires. Quels que soient leur âge, leur sexe, leur couleur de peau et leur appartenance nationale et religieuse, ceux-ci sont tous, en effet, de valeureux et prodigieux guerriers. Le mot<br /> guerre est le moyen de donner à l'imbécillité, du génie. Quant au reste résiduel comme en 68, un 68 élargi, il n'a plus qu'à dire: nous sommes tous des Africains, mis à la porte de l'histoire! Le<br /> réalisme a sa propre poésie trouvée, sur une voie de garage, dans le panier de la ménagère. Mais comment le Luxembourg, même dans un siècle, accueillerait-il, en son sein paradisiaque, toute la<br /> misère capitaliste, comme le souhaitent les bonnes âmes? Ce nivellement avoué, bien entendu, nous nous en réjouissons, l'envisageant comme un acte révolutionnaire, car il pose, en son coeur,<br /> l'existence d'une classe sociale que l'idiome standard, de la puce frénétique aux bits sophistiqués, nie sur tous les tons. Cette classe invisible a d'ailleurs un nom tabou: le prolétariat! Aux<br /> attributs faibles et bas, naturellement. Et pas seulement en termes de revenus et de salaires, surenchérit la bonne âme européenne, qui n'en loupe jamais une, pour se faire valoir, à moindres<br /> frais. Ni tripes, ni boyaux, c'est là sa gloire. La présidence, à l'inverse, unie de tout coeur à la masse, a le sentiment de rejoindre, à sa façon, la foule des mécontents. Ce n'est pas son seul<br /> tour de magie. On la voit rallonger la vie et les jours, donner un cadre d'action à la délinquance et même sauver, en esprit, le monde, du naufrage.<br /> <br /> L'opposition standard, qui a donné son aval à la chose, il y a trente ans, cherche maintenant, en amont, comment c'est dieu possible, une machination pareille. Forcément, nous ne pouvons<br /> qu'endosser le rôle de médecin-légiste et examiner le mouvement pendant au nez et à la barbe, mais pas à la manière des embaumeurs de vieille-Egypte qui tirait le cerveau de pharaon, facteur de<br /> vérité, par le nez et les narines. Si la momie présidentielle, portant, placardée sur le front, sa nationale constitution, animée par un souffle mondial ou plutôt irriguée par la mondialisation<br /> financière, réitère sa volonté d'aller de l'avant, plus vite, plus fort, en surmontant ses erreurs, l'erreur majeure, étant, dans les replis de son esprit malin, de manifester et de faire grève<br /> contre l'escroquerie aux retraites, c'est qu'elle a sa propre niche, une niche énorme: l'état des classes capitalistes et sa ribambelle d'agents pondus dans toutes les couches et classes sociales.<br /> Grosse effusion fiscale. Tous espèrent qu'après ça, ce travail en blanc, médiatique, qui, comme ils le prétendent, avec une effronterie nonpareille, enrichit l'avenir, leur monde, de tricolore et<br /> folklorique qu'il était, se transformera, comme au premier 14 juillet, en explosion de joie réellement populaire. Une fumisterie qui s'est entichée de réformisme. Son programme: ne pas faire fuir<br /> les capitaux. Ouvrir les robinets du crédit. Séduire les investisseurs. Le réalisme présidentiel, debout dans son bain, gratte, gratte sa haute idée de la politique. Et, en 2012, il faudrait<br /> bazarder ce poupon, mais pas son eau miraculeuse. Le parti contre la paralysie sociale en a bu, promis, juré, craché, ça marche!<br /> <br /> Âme de boue, cadavre galvanisé, sauve-toi, toi-même!<br /> <br /> Nous n'avons pas besoin de président!<br /> Ni de partis de gouvernement!<br /> <br /> <br />
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