Depuis des années, dans les départements et territoires d’outre-mer, il existe des jours fériés de commémoration, ce qui nous surprend quant on débat pour décider ici s’il faut un jour de commémoration, en tous les cas sûrement pas férié !
Pourtant, entre le devoir de mémoire et les bienfaits du colonialisme qu’avaient soutenus un certain nombre de parlementaires de Droite, existe la vérité historique.
Pendant plus de quatre siècles, les esclaves ont connu la déportation, la négation de leur humanité, la déstructuration des familles, la hiérarchie des couleurs, les coups de fouet, les viols, les humiliations quotidiennes, la vente, comme s’ils étaient des marchandises, l’animalisation marquée au fer rouge, le broyage identitaire, le viol de l’imaginaire, le racisme d’Etat. Tout cela codifié par le Code noir, mis en place par Louis XIV et Colbert.
Tout au long des siècles, les esclaves n’ont jamais accepté le triste sort auquel on voulait les assigner. Il a fallu attendre 2001 pour que la traite des Noirs soit déclarée crime contre l’humanité grâce aux combats menés par nombre d’associations et de collectifs.
Cette histoire est l’histoire de France, et même d’une partie de l’Europe, l’histoire des libertés, des forces qui les ont jugulées, et de celles qui les ont magnifiées. C’est notre histoire, à chacun d’entre nous, et qui nous permet de construire un avenir commun. Parce que nous reconnaissons notre passé commun et portons un regard de dignité, de respect, d’égalité et d’humanité envers ces hommes et femmes d’une autre couleur de peau. .
Ces dernières années ont vu l’étranger reservir de bouc émissaire, quand des images nous montrent le développement inégal entre pays riches et pays du Sud, quand des chefs d’Etat détournent les aides internationales pendant que des migrants se noient en mer ou meurent en devenant par millions des réfugiés climatiques.
Pourtant, nous sommes responsables de ce qui se passe au-delà des océans. Car nous sommes dans le devoir de nous dire que ces Noirs de France ne sont pas arrivés avec un visa de tourisme il y a deux ou trois ou quatre siècles mais qu’ils sont les descendants de ceux qui ont subi la traite des Noirs.
Nous devons faire sortir de l’anonymat ces noms, ces visages, ces récits de vie, de solidarités, de créations linguistiques, d’inventions scientifiques et culturelles. Que ce soit en France « métropolitaine », ou bien encore à Colombes.
Notre société est multicolore, multiculturelle, et la question Noire, ce 10 mai, vient nous le rappeler. Au final, on ne peut empêcher qui que ce soit d’obtenir, parce qu’est c’est un droit mémoriel et un devoir républicain d’accéder à une juste place dans tous les secteurs de la société !
Plus que la date assez contestable et fort contestée il y a quelques années, le 10 mai est pour nous tous l’occasion de nous réunir autour de valeurs démocratiques, au-delà de toute autre appartenance, sans références d'ailleurs à quelque communautarisme qui vaille.
La citoyenneté n’a pas de couleur. la connaissance et la conscience et d’un passé qui a conditionné le présent doit nous permettre de mieux comprendre et faire disparaître les préjugés qui nous séparent parfois, et doit nous rendre plus forts et plus unis pour bâtir notre avenir, ensemble, en France et en Europe.