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17 octobre 1961 : pour que la mémoire se souvienne !

53 ans nous séparent de cet événement ! Certes, le temps a passé. Et pourtant des hommes et des femmes se souviennent encore. Au fil des ans, les mémoires restent vives. Elles n’ont pas oublié. Elles n’ont pas pansé leurs plaies. Elles n’ont pas fait le deuil d’une "raison d’Etat" qui, par déni et par refus de reconnaissance a fait le choix de l’oubli. Silence sur un événement refoulé qui pourtant pose les questions de la mémoire, de l’impunité, de la dignité, de la réparation à l’égard d’une population qui, par une nuit d’automne a fait l’objet de violences policières avec la complicité des autorités publiques de l’époque.


En 2012, par la voix du Président de la République , la France a enfin reconnu la répression sanglante organisée par les autorités de l’époque, et a rendu hommage à leurs victimes.


Alors qu’une cérémonie a lieu au Pont de Bezons depuis des années à la date anniversaire, alors que la municipalité précédente avait apporté son soutien logistique et politique à ses organisateurs, la maire de Colombes a refusé cette année de participer d’une quelconque manière à cette commémoration.


Pourtant, les commémorations permettent de briser le silence. On ne peut plus dire je ne savais pas. L’importance de la transmission aux nouvelles générations issues ou non de l’immigration est un devoir collectif. De plus, œuvrer contre l’oubli, c’est aussi faire vivre la dignité.


Et contrairement à ce que dit N. Goueta, les mémoires ne sont pas sélectives, personne n’instrumentalise quoi que ce soit. Simplement, chaque conflit génère ses drames, et chaque partie de la population française concernée porte son propre vécu, ses douleurs, ses haines et ses pardons, son envie de reconnaissance et de repentance.


Aussi, c’est bien aux autorités politiques de donner du sens à ces événements dramatiques, et de permettre de renforcer toutes celles et ceux qui luttent jour après jour pour un présent et un avenir apaisés, à Colombes et ailleurs, et de veiller à ne pas attiser les passions.


En ces temps de montée des extrêmes, N. Gouéta vient de perdre une bonne occasion. Dommage.

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