Le cout des JO de Paris 2024 s’élèvera à 6,8 milliards € hors dérives et hors couts cachés (par exemple la sécurité)prise sur le budget de l’Etat et des collectivités), répartis entre :
- 3,2 milliards de coût d’organisation financés sur fonds privés (dont 1,8 milliard par le CIO) dont 1,2 milliard pour le village olympique,
- 3 milliards à la charge de financement publics (1,7 milliard d’équipement sportifs et 1,3 milliard d’infrastructures non sportives).
Selon les prévisions actuelles, le budget dédié aux constructions pérennes doit atteindre 3 milliards d'euros, dont 1,5 milliard d'argent public (1 milliard de l'Etat et 500 M€ des collectivités locales).
C’est SOLIDEO (société de livraison des ouvrages olympiques) établissement public industriel et commercial (Epic) créé pour les JO, qui est garant de l’équilibre financier.
Des opérations immobilières importantes sont prévues dans le cadre du village olympique et autour (logement, bureaux), et dans le cadre du village des médias au Bourget (logement) distinct du centre des média :
Outre ces grosses opérations immobilières, les JO nécessitent des aménagements temporaires pour diverses manifestations :
- le Champ de Mars ou la place de la Concorde pour le beach-volley,
- la Tour Eiffel pour créer 3.000 places pour le départ du triathlon et de la natation en eau libre (qui semble remise en cause et pourrait se dérouler dans le 77 ou le 78) et du marathon.
- les Champs-Elysées pour le cyclisme sur route.
- l’esplanade des Invalides pour le tir à l’arc.
- le Château de Versailles pour l’équitation.
Des nouveaux équipements ont été également retenus :
- la construction de l'Arena II dans le secteur de la Porte de la chapelle/gare des Mines à Paris 18ème pour un coût estimé à 90 M€,
- une salle multisport va être construite à proximité de la Porte de la Chapelle, dans la ZAC de la gare des Mines (18e arr.).
- la construction du futur centre aquatique olympique de saint-Denis et du franchissement piéton sur l’A1.
- Les aménagements du stade nautique de Vaires-sur-Marnes où se dérouleront les épreuves d’aviron et de canoë-kayak, sont également concernés par cette décision,
- l'opération de reconstruction des groupes scolaires du Parc des sports du Bourget
- La reconstruction de la piscine de Marville à Saint-Denis – structure appelée à abriter les entraînements des joueurs de water-polo à Saint-Denis
- Des aménagements le long du canal Saint-Denis
Est également prévue la rénovation de 13 équipements existant dont 5 piscines qui serviront de centres d’entrainements pour les athlètes des JO :
SOLIDEO a prévu une participation financière à hauteur de 53,98 M€ pour aider au financement de la construction et des aménagements, mais qui pourrait monter à 70 M€ après que les Fédérations Internationales auront établi la liste complète et définitive des sites d’entraînement d’ici 2021, date ce qui parait surprenante compte-tenu des échéances administratives et de travaux.
Une première sélection de 13 sites d’entraînement à construire ou à rénover a été arrêté depuis des mois dans l’optique des Jeux, qui bénéficieront dans les années à venir de travaux pour un montant global de plus de 148,52 M€, avec une participation de la SOLIDEO à hauteur de 53,98 M€ c’est-à-dire un gros tiers s’il n’y a pas de dépassements des budgets.
Et Colombes dans tout ça ?
Certes, le stade Yves du Manoir sera dédié au hockey sur gazon. Mais, avec le retour du printemps vient aussi celui des demi-mensonges : la municipalité nous annonce que la piscine de Colombes est désignée centre d’entrainement des JO2024. C’est vrai sauf qu’elle omet de dire que c’est un ajout à tout ce qui est cité précédemment.
L’annonce de Colombes correspond à un lobbying important de la ville et du département, les Hauts-de-Seine jalousant visiblement la Seine-Saint-Denis et le nord de Paris.
Pire, à ce jour N. Goueta refuse toujours d’indiquer quel est son projet pour la piscine et son cout.
Car au-delà des fermetures successives et des travaux rendus nécessaires par l’ancienneté de l’équipement communal, le projet de centre d’entrainement qui vient d’être ajouté aux 5 autres à la mi-mars nécessitera de définir un nouveau programme de travaux qui permettront après les JO de bénéficier de nouvelles activités nautiques et ludiques. Et l’on comprend, même si SOLIDEO vient aider la commune, qu’il s’agira d’un investissement de 10M€ à minimum 30M€ selon qu’il s’agit d’une rénovation ou de la construction d’une nouvelle piscine. Dépense qui sera peut-être déléguée au privé et qui aura surement comme conséquence l’augmentation du prix du billet d’entrée, comme cela semble se dessiner par exemple à Aulnay-Sous-Bois. Qui plus est, cela signifiera pour les colombiens et les clubs de la ville de trouver d’autres sites pour exercer leur sport ou leurs loisirs dans l’eau.
Et plutôt que de faire des annonces bidonnées qui relèvent plus à ce moment du processus d’un effet d’annonce, Nicole Goueta et la municipalité devraient plutôt mettre ces question en débat avec la population. Il n’y a aucune honte à cela.