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L’attentat de samedi soir dans le quartier de l’Opéra à Paris

L’horreur  a frappé  une nouvelle fois  à Paris. Toutes mes pensées vont vers les victimes, mortes, blessées, choquées ainsi que leur famille et leurs proches. Il faut aussi rendre hommage au sang froid et à la réactivité des forces de l’ordre et à l’efficacité des services de secours. Je crois aussi que plutôt  que faire des commentaires de comptoir sur les filières tchétchènes, il faut laisser les services d’enquête et de renseignement, ainsi que la justice, mener leurs investigations avec les moyens qui sont les leurs. J’ai été effaré de lire les nombreux commentaires de tonalité d’extrême-droite sur les réseaux sociaux après ce drame. Et inquiet d’entendre nombre de responsables politiques ajouter de la confusion sur le terrorisme et les fiches S. Je rappelle que la fiche S n’est qu’un outil de renseignement. Le classement des fiches S n’est pas un indicateur de dangerosité mais de la conduite à tenir en cas de contrôle. Il permet aux services de renseignement de savoir où, quand, avec qui est le fiché S. A la différence de la fiche FSPRT (fichier de signalement  pour la prévention de la radicalisation à caractère  terroriste) qui recense les personnes radicalisées. Je reste effaré par la manière dont des  journalistes manquent de rigueur dans leur approche pédagogique sur ces gaves questions qui interrogent des millions de français.

La fausse route du président de la république

"Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d'une guerre qui le dépasse. Les gens qui pensent que la France, c'est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (...)" et où l'"on invoque la tragédie dès qu'il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL, ces gens-là ne savent pas ce que c'est que l'histoire de notre pays", déclare-t-il dans un extrait du documentaire diffusé sur France Inter lundi soir.

"L'histoire de notre pays, c'est une histoire d'absolu, c'est un amour de la liberté au-delà de tout, c'est une volonté de l'égalité réelle", ajoute le président de la République.

En fait l’histoire de notre pays est faite de conquêtes européennes, de pillages, de guerres qui ont mis à mal l’économie de notre pays et son agriculture, ou fait prendre du retard à son’essort industriel,  dans ses frontières non stabilisées (par exemple Louis 14 ou Napoléon), sans parler des conquêtes coloniales. Bonjour l’absolu et l’amour de la liberté. Mais ce qui a façonné aussi notre pays et plusieurs autres en Europe, c’est la conquête pacifique des connaissances (les Lumières par exemple) et du progrès social.  Enfin, En janvier 2015, plus de 4 millions de français se sont retrouvés dans les rues de nombreuses villes de France après les attentats de Charlie hebdo, de l’hypercacher de la porte de Vincennes et de Montrouge. En novembre de la même année, ce sont les attentats du Bataclan, des terrasses du 11ème arrondissement de Paris et de Saint-Denis qui ont encore plus soudé les français autour de leurs valeurs. Je ne comprends pas cette façon saugrenue de vouloir opposer le sentiment national plus répandu qu’on ne le pense à des revendications légitimes des ménages les moins nantis pécuniairement.

Les corps intermédiaires

Déjà en 2012, Sarkozy, lors de la campagne présidentielle, ne cessait de dénoncer les "corps intermédiaires qui font écran entre l'Etat et le peuple". A son tour, E. Macron cherche à cristalliser la vie politique de manière binaire : pour ou contre, noir ou blanc, avec moi ou contre moi. Faire fi des cadres qui se sont construit au fil du temps en ne légitimant que la prise de décision issue du suffrage universel, c’est vouloir faire monter les radicalités et la violence dans la société, pour se donner le rôle central de modérateur. Pourtant, sans corps intermédiaires, il y a affaiblissement de la démocratie. Le procédé qui consiste à stigmatiser les syndicats, les associations, tout ce qui fait les contre-pouvoirs - parce que c'est de cela qu'il s'agit - est extrêmement dangereux. Une démocratie fonctionne avec des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Si le Parlement reste le lieu central de la politique, la progression des corps intermédiaires favorise l’efficacité de l’Etat.

Logement social

Le logement social est un pilier du modèle social français. Avec 4,6 millions de logements, il loge un ménage sur six, soit 10 millions de personnes. Amortisseur face à la crise, filet de sécurité pour les plus fragiles, c’est aussi un poids lourd de l’économie : 17 milliards d’euros d’investissement en 2015.

Ces dernières années, on a assisté au  retrait de l’État du financement du logement social, aux attaques contre le livret A, aux ventes de HLM,  aux réformes des statuts des bailleurs sociaux (renforcement du pouvoir de l’actionnariat dans la gouvernance des sociétés anonymes de HLM et réduction du nombre d’organismes dans une logique de financiarisation de leur fonctionnement). La loi de finances 2018 et le projet de loi ELAN mettent ainsi la pression sur le logement social avec une vision budgétaire, mais aussi stratégique : il s’agit d’impulser un changement de modèle pour l’habitat social, pierre à l’édifice de déconstruction du modèle social français. Ce qui est inquiétant à terme pour plusieurs millions de nos concitoyens

Rapport Borloo

Le 26 avril, Jean-Louis Borloo a remis au 1er ministre un rapport sur les banlieues avec nombre de propositions. L’ancien ministre de la ville dresse un bilan accablant des résultats de la politique de la ville menée depuis près de 20 ans. Il s'alarme surtout de constater que cet échec n'est pas imputable à une seule responsabilité politique mais à un dysfonctionnement systémique de l'Etat et des élites technocratiques,  et propose un plan solide, pratique et surtout global qui ne trouvera son sens que s’il est mis en œuvre dans sa totalité.  Selon lui, il faut non seulement tout changer dans la culture des banlieues jusqu'à sa gouvernance, mais aussi inverser l'ordre des priorités budgétaires. Il y a une vraie question de priorité de financement pour  travailler en même temps sur l'éducation, le vivre-ensemble, les services publics. Le 22 mai, le Président de la République devra trancher. Or le porte-parole du Gouvernement et les ministres en charge de l’Action et des Comptes publics ont déjà entonné la musique de la rigueur et des petites économies. Le rapport Borloo aura-t-il dans ces conditions un véritable avenir ? Il n’est pourtant pas pensable que le retour de la République au cœur des quartiers fragiles se heurte « au verrou de Bercy ».

Interdiction de trois néo nicotinoïdes

L’Union européenne a décidé le 27 avril d’élargir l’interdiction de trois néonicotinoïdes, des pesticides jugés dangereux pour les abeilles, à toutes les cultures en plein champ, au nom de la défense de la biodiversité et de l’environnement. Le sort de la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame – des substances neurotoxiques qui s’attaquent au système nerveux des insectes – était en suspens, après une première évaluation négative de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Un avis scientifique confirmé fin février 2018. En décembre 2013, l’Europe avait imposé des restrictions d’usage pour les trois produits. Le moratoire partiel s’appliquait aux cultures qui attirent les abeilles, comme le maïs, le colza oléagineux ou le tournesol, sauf quelques exceptions. Des restrictions contestées en justice par deux géants des pesticides, le suisse Syngenta et l’allemand Bayer, qui attendaient les arrêts de la Cour de justice européenne pour le 17 mai. L’interdiction s’appliquera désormais à toutes les cultures en plein champ, avec pour seule exception les usages en serre, à condition que les graines et les plantes ne quittent pas leur abri fermé. Bruxelles espère qu’elle entrera en vigueur d’ici à la fin 2018. Pour certains apiculteurs, il faut aller encore plus loin « car les trois substances interdites ont été remplacées par d’autres pires encore, notamment le thiaclopride, et le massacre des abeilles continue », a estimé José Nadan, secrétaire du syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne.

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