Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

tribune de mai 2018 Mauvaise nouvelle : le Gulf Stream se dérègle

Deux études viennent  d’être publiées simultanément dans la revue Nature le 11 avril et constatent un dérèglement alarmant de la circulation des courants océaniques dans l’Atlantique, ceux qui contribuent à la régulation du climat mondial et qui influencent la météo en Europe comme en Amérique du Nord . On s’en doutait depuis plusieurs années mais aujourd’hui les scientifiques sont formels et c’est une première. Ces études confirment que ce phénomène est bel et bien enclenché, avec des conséquences tangibles qui pourraient s’accentuer et devenir dramatique. 

Les climatologues l’annonçaient et le redoutaient depuis des années : sous l’influence du dérèglement climatique, la plupart des courants, petits ou grands, qui parcourent l’immense océan Atlantique en maintenant un équilibre dont bénéficient la plupart des climats européens, nord-américains et africains sont en train de se modifier.

D’après les scientifiques, les courants qui parcourent l’Atlantique n’ont jamais été aussi faibles et aussi aléatoire depuis 1500 ans. Ce phénomène s’ajoute à la fonte de la banquise qui déverse des millions de tonnes d’eau douce dans la mer. Cela a non seulement une influence sur l’Atlantique mais, de plus, remet en cause la circulation des eaux entre l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud.

L’océan est en mouvement perpétuel. Les courants transportant chaleur, carbone, oxygène et nutriments jouent un rôle prépondérant dans la régulation du climat mondial. Ainsi, "la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC)", que beaucoup appellent  le Gulf Stream, participe au climat tempéré européen. Ce dernier fonctionne grâce à un équilibre fragile entre les températures et la salinité des eaux

Dans deux régions de l’Atlantique Nord - la mer du Labrador et les mers nordiques -, l’AMOC permet la plongée des eaux de surface à 1 000-2 000 mètres de profondeur qui repartent alors vers le Sud. Ce retournement est permis car les eaux de surface, plus denses, sont plus salées et plus froides

En raison de la confrontation de plus en plus violente entre des masses d’eau dont la température et la salinité sont de plus en plus différentes, une partie des eaux chaudes gagnent les profondeurs de la mer et retournent vers le sud perturbe l'AMOC. Or elle devrait se réchauffer dans les prochaines décennies et perdre en salinité avec la hausse des précipitations prévues dans la région sous l’influence du changement climatique et l’afflux d’eau douce causé par la fonte des glaces.

D’où les changements et des errements de plus en plus perceptibles de cet énorme circuit d’eau qui participe à la régulation ou au maintien des climats.

Que se passerait-il en cas de ralentissement?

Si l'AMOC va, ou est en train de s’affaiblir, ce n’est pas sous l’influence d’un seul facteur. Il y a tout d’abord un phénomène naturel de variations de ces courants. Le changement climatique provoqué par les humains vient l’exacerber

L’affaiblissement de l’AMOC pourrait avoir un impact sur la météo en Europe. Car un temps froid dans l’Atlantique subarctique est corrélé à des températures élevées en été en Europe. La vague de chaleur qui a frappé le continent en 2015 a ainsi été liée à "la tâche froide". 

L’AMOC a d’autres conséquences dans l’hémisphère Nord. Les scientifiques soulignent qu’il a été associé à une hausse supérieure à la moyenne de la montée du niveau de l’océan sur la Côte Est des États-Unis, ainsi qu’à une sécheresse accrue au Sahel.

Ce ralentissement est pris très au sérieux par les climatologues car un arrêt du Gulf Stream aurait des conséquences majeures sur le climat avec des événements météorologiques violents à prévoir.

L’Europe, les États-Unis mais aussi l’Afrique se verraient alors impactés. Par ailleurs, une hausse rapide du niveau de la mer serait aussi envisagée et la fréquence des tempêtes hivernales augmenterait en Europe.

Que se passerait-il en cas d’aggravation ?

- Une faible aggravation de l’AMOC provoquerait un refroidissement de l’Atlantique Nord, qui serait cependant a priori plus faible en absolu que le réchauffement climatique induit par les gaz à effet de serre. Il pourrait devenir la cause principale des modifications de la circulation atmosphérique en Europe de l’Ouest pendant les périodes d’été en amplifiant les vagues de chaleur l’été et pourrait renforcer l’activité des tempêtes sur le continent en hiver.

- Mais un ralentissement brutal de l’AMOC pourrait déclencher une multitude de bouleversements globaux, dont une montée rapide du niveau des océans, des changements dans la distribution des pluies, une aridification de certaines régions et des hivers glaciaux en Europe de l’Ouest.

La hausse du niveau des océans pourrait atteindre  une dizaine de centimètres des deux côtés de l’Atlantique, en plus de la hausse liée aux autres effets du réchauffement climatique. La principale conséquence et la mieux établie factuellement est le déplacement vers le sud des précipitations de mousson en Afrique de l’Ouest. Cela accentuerait la désertification du Sahel et y diminuerait les rendements de culture vivrières. Plusieurs millions de personnes pourraient être touchées, dont beaucoup seraient poussées à la migration pour survivre, augmentant ainsi le nombre des réfugiés climatiques et la métropolisations des continents.  

Du fait de hausses ou de baisses de températures de plusieurs degrés affectant certaines espèces de poissons importantes pour l'homme ainsi que la quantité de plancton, de poisson, d'oiseaux et de baleines,la pêche commerciale pourrait être affectée et certaines régions manqueraient d’eaux riches en oxygène.  De plus, comme ces courants marins jouent aussi un rôle important dans l’absorption du dioxyde de carbone (CO2), leur ralentissement pourrait conduire à l'accumulation de davantage de CO dans l'atmosphère2 et donc à une aggravation du changement climatique. Bref, à un cercle vicieux.

Aussi, plus que jamais nous devons penser global et pour cela agir local. A Colombes aussi.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article