Je suis écologiste, je ne suis pas socialiste, pourtant je soutiens la candidature du socialiste Benoit Hamon à l’élection présidentielle.
Je ne suis pas un soutien inconditionnel de François Hollande. Hollande ne sortait pas de nulle part en 2012 et je n'ai jamais été étonné des politiques qu'il a menées pendant 5 ans, au plan économique, social, sociétal, et international. Ceux qui ont cru le contraire devaient vivre dans une bulle ces 20 dernières années. Mais j’acte le fait qu’il a hérité d’une France laissée en triste état après 10 ans de chiraquisme et de sarkozisme ; qu'il a essayé d’y remédier; qu'il a globalement préservé le contrat social français même s'il n'a pas terrassé la finance.
Je lui reproche par contre d’avoir commis six grandes erreurs : la déchéance de nationalité dont l'idée n'aurait même pas due effleurer un neurone de son cerveau; la désignation de Manuel Valls, homme du passé et du passif, comme 1er ministre alors que c’est un homme de clivage et non de rassemblement; son incompréhension des enjeux écologiques malgré la COP21 qui ressemble plus à un coup politique dans la trajectoire présidentielle qu'il préparait alors; son incapacité à expliquer sa politique alors que son bilan est en demi-teinte, quoique n’en disent même plus ses proches et anciens proches et évidemment les frondeurs qui ne sont même pas capables de reconnaître certaines évidences ; l’accompagnement de la généralisation de la surveillance de la société même si je suis conscient que le risque nouveau d’un terrorisme mondialisé nous a fait passer à une nouvelle époque; être rester dans une vision passéiste du monde du travail, on le voit avec ses déclaration de ce jour qui confirment que ce n'est plus un homme d'avenir.
Je ne suis pas non plus parmi les soutiens béni-oui-oui de Benoit Hamon car sa posture parlementaire ces dernières années m’a irrité, mais moins que certains autres frondeurs plus jusqu’au-boutistes que lui. Je ne sais pas si la crise que traverse le PS est salutaire, mais on voit bien que partout en Europe et sur d'autres continents, des ruptures se font face aux reflux économiques, écologiques, démocratiques qui n'épargnent pas les gauches, mais pas uniquement elles. Le PS français en est un symptôme. Le diagnostic est posé, le remède est encore inconnu, quoiqu'en dise chacun des clans qui le composent, y compris les amis de Benoit Hamon.
Comme militant écologiste, je n’ai pas apprécié la manière dont nos deux ministres ont quitté le gouvernement, celle dont une partie de nos parlementaires ont rejoint les frondeurs, et la manière dont mon parti s'est solidarisé. J’ai gardé de la sympathie pour nombre d’amis écologistes qui ont choisi de vivre leur engagement ailleurs que dans le parti auquel j’appartiens, en soutenant in fine parfois B. Hamon, parfois E. Macron. Je n’ai par contre aucune appétence envers celles et ceux qui ont conduit EELV vers une dérive sectaire, recroquevillée sur son appareil, alors que l’écologie politique ne fait sens que dans la pluralité des opinions et des démarches, celles et ceux qui pour partie sont aux commandes de l'appareil et d'autres qui sont la vitrine officielle d'eelv canal frondeur historique . Pourtant, après la petite primaire écologique, j’ai décidé de soutenir la candidature de Yannick Jadot malgré certaines de ses prises de position car il était légitime, puis l’accord programmatique avec Benoit Hamon, vainqueur de la primaire de la BAP.
Je fais partie de celles et ceux qui identifie le Front National, quelle que soit sa forme et ses chefs, comme un risque pour la démocratie, cela fait aussi partie de ma culture politique. Je ne mets pas sur le même plan les partis démocratiques et le FN. Je ne mets pas le parti socialiste et ses militants sur le même plan ; je ne mets pas En Marche et ses militants sur le même plan même si Macron est libéral, ce qui n'est pas une tare en soi, et qu'à ce titre il porte des propositions plus proches de celles de Sarkozy que des diverses gauches . Je ne mets pas la France Insoumise et ses militants sur le même plan même si je suis en total désaccord avec les positions de Mélenchon sur l'Europe et plus largement sur les relations internationales. A contrario je sais qu’il y a parfois des porosités nauséabondes émanant de franges de certains partis démocratiques de droite avec le FN. Dans le premier cas je n’aurai pas de problème pour mon vote au second tour si Hamon venait à être battu ce que je ne souhaite pas. Dans le second cas, le problème peut se poser sans qUE ce soit certain. Aussi je suis en mésentente profonde avec celles et ceux qui disent, y compris dans mon propre camp, y compris dans le camp de mes alliés d’aujourd’hui, que ces partis sont le marchepied du FN en 2022. J’entends les arguments, je ne les partage pas.
Comme militant politique, je suis en désaccord à celles et ceux qui se contentent de postures contestataires sans vouloir agir sur la marche des affaires publiques en prenant en main les manettes à tous les niveaux institutionnels possibles. La question autant celle de la conquête du pouvoir que de l'instauration de contre-pouvoirs. Je suis au contraire favorable à une écologie de gouvernement, voire à une gauche de gouvernement. Je sais que les marges de manœuvre se réduisent de plus en plus, mais je sais aussi que l’on peut aussi agir sur des morceaux la vie quotidienne des Français et des générations à venir, pour qu'aujourd’hui, demain et après-demain ne soient pas une fatalité mais une chance.
J’ai donc décidé de soutenir activement la candidature de Benoit Hamon, parce que:
Pour toutes ces raisons, et quelques autres,
je vote Benoit Hamon