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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 10:16

Alors que l’université d’été d’Europe-Ecologie-les-Verts s’ouvre ce jeudi à Toulouse, Yannick Jadot appelle ses amis à dépasser les frontières politiques traditionnelles. "Je ne veux pas participer à une recomposition d'appareils ou à un nouveau Yalta de la gauche", prévient le député européen dans une interview au Journal du Dimanche. S’il dit se sentir toujours de gauche, il estime que ce n’est plus le sujet : "L'écologie ne doit pas être le supplément d'âme d'une gauche qui, quand elle a gouverné, a trahi toutes ses promesses écologistes."
 

Votre parti fait sa rentrée cette semaine, à quelques mois des municipales. Y aura-t-il une liste écologiste au premier tour dans toutes les grandes villes?
Je souhaite qu'il y ait des listes écologistes dans un maximum de villes et de villages, et que nous rassemblions très largement ­autour d'un projet fort, écologiste et social, sans sectarisme, mais avec cohérence et détermination. Dans notre mouvement, c'est à l'échelle locale, au plus près de nos concitoyens et des enjeux qui font leur quotidien, que tout se décide. Les municipales, ce sont 36.000 cas particuliers.

Imaginez que Paris élise un maire écolo! Ça aurait vraiment de la gueule!

Pensez-vous être en mesure de conquérir d'autres grandes villes?
Nous allons nous donner les moyens de gagner. Tout le monde a compris que la crise écologique n'était pas passagère et que nos conditions de vie changeaient parfois brutalement. On le voit encore cet été avec la ­canicule, la sécheresse ou les algues vertes. Beaucoup de maires parlent d'écologie, certains font des efforts, mais peu agissent avec cohérence. Le maire de Strasbourg soutient le grand contournement autoroutier. Celui de Gonesse soutient EuropaCity. Les maires de Rennes et de Nantes défendaient l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et, à Lyon, il est plus que temps qu'il y ait du renouveau. À nous de porter des projets qui s'attaquent aux ­difficultés concrètes de nos concitoyens et organisent les grandes transformations indispensables en matière de transport, d'alimentation, d'énergie, de logement, de culture et de services publics. C'est une opportunité extraordinaire pour mieux vivre ensemble.

Vous présentez une liste face à Anne Hidalgo à Paris, alors que vous faites partie de sa majorité. Son bilan n'est-il pas assez écolo?
Dans de nombreuses municipalités, nous avons pris nos responsabilités en participant à des coalitions. Si des transitions écologiques ont été engagées, c'est grâce au rapport de forces que nous avons su créer. Mais cela ne suffit pas. Trop souvent l'écologie y est vue comme une contrainte ou un chantier à part. Nous devons à nos enfants qu'ils mangent sainement et qu'ils respirent un air non pollué. Nous voulons créer un ­enthousiasme. Et rien de mieux qu'une ou un ­écologiste pour ­garantir cette ambition. Imaginez que Paris élise un maire écolo! Ça aurait vraiment de la gueule!

Je me suis toujours senti de gauche. Mais ce n'est plus le sujet

Vous avez plaidé pour le pragmatisme et envisagé une alliance avec un maire divers droite qui appliquerait une politique écolo. Selon le secrétaire national d'EELV, David Cormand, être de droite est "incompatible avec ce que nous défendons". A-t-il raison?
C'est vrai que la droite de Wauquiez, c'est le déni écologique. C'est dramatique. Et, oui, un maire qui préfère les cantines bio, lutte pour conserver les commerces en centre-ville, accueille avec dignité des migrants et favorise la mixité sociale, il est ­devenu écologiste. Divers droite, Insoumis, socialiste, sans étiquette, centriste ou communiste, peu ­importe son étiquette passée s'il se retrouve dorénavant dans ce grand défi et les valeurs que nous portons – justice sociale, solidarité, égalité des droits et défense des libertés. L'écologie ne doit plus se positionner par rapport au paysage politique du XXe siècle. À nous de le recomposer pour placer l'écologie au cœur de notre société.

Êtes-vous un homme de gauche?
J'en ai assez de ce procès. Je suis fils d'instituteurs. Ma famille a toujours été de gauche. Je me suis toujours senti de gauche. Mais ce n'est plus le sujet. L'écologie ne doit pas être le supplément d'âme d'une gauche qui, quand elle a gouverné, a trahi toutes ses promesses ­écologistes. Macron a ratifié le Ceta, mais avant lui Hollande était allé au Canada le promouvoir et soutenir Total pour l'extraction des sables bitumineux. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est de rassembler les Français autour d'un projet porteur d'espoir. Tous ceux qui veulent transformer notre ­économie, notre agriculture, construire une ­société plus juste et plus démocratique sont les bienvenus! Les jeunes qui manifestent pour le climat ne nous demandent qu'une chose : changer le système pour préserver leur avenir, qui est notre destin. Je ne vais pas commencer par leur demander s'ils ont leur carte! Nous avons dix ans pour ­éviter la catastrophe. Nous n'avons plus de temps à perdre avec les ­postures. Nous avons le devoir d'agir. Maintenant!

Emmanuel ­Macron, sous couvert de créer le nouveau monde, a unifié ceux qui ont failli

Tout le monde n'est pas dans le même état d'esprit, à EELV…
Bien sûr que si! Et notre responsabilité vis-à-vis des 3 millions d'électeurs aux européennes – et il nous en faudra beaucoup plus pour conquérir le pouvoir –, c'est de dire : nous avons des histoires, des combats, des parcours différents mais, face aux enjeux du climat, du vivant, des inégalités sociales, nous devons être capables d'emmener l'ensemble de la société.

Il vous faudra des alliés pour conquérir le pouvoir…
Les alliés qu'il nous faut, ce sont les Français, jeunes ou moins jeunes! Les associations, les salariés, les chercheurs, les entreprises, les ­artistes, ceux qui agissent ou qui voudraient agir… Nous devons travailler pour que l'écologie accède aux responsabilités. Emmanuel Macron, sous couvert de créer le nouveau monde, a unifié ceux qui ont failli et alimenté le Rassemblement national parce qu'ils n'ont jamais tenu leurs promesses. Ce qu'il nous propose avec un ­certain cynisme, c'est de continuer à libéraliser, précariser, ubériser. Le temps des écologistes est venu. Nous n'avons jamais été aussi légitimes et crédibles pour gouverner. On ne va quand même pas laisser le volant à ceux qui nous conduisent dans le mur!

Je ne veux pas participer à une recomposition d'appareils ou à un nouveau Yalta de la gauche

Les écologistes ont été beaucoup victimes de leurs divisions. Est-ce ce qui va se passer lors du prochain congrès d'EELV, en novembre?
Non, parce que nous avons un sentiment aigu de notre responsabilité et nous devons le traduire en capacité d'ouverture. On ne va pas replonger dans des débats tactiques alors que les Français attendent de nous, enfin, maturité et sens des responsabilités pour nous confier l'exercice du pouvoir afin d'agir pour eux.

Pour construire le grand mouvement écologiste que vous souhaitez, allez-vous entamer des discussions avec d'autres partis?
Surtout pas! Je ne veux pas participer à une recomposition d'appareils ou à un nouveau Yalta de la gauche. Le grand mouvement de l'écologie se bâtira autour d'un projet, avec celles et ceux qui sont dans l'action. C'est ce que veulent les Français. Ils attendent des responsables politiques qu'ils tiennent leurs engagements et aient le courage d'agir, y compris contre les lobbies.

Non, je n’ai pas la grosse tête

La France insoumise tient son université d'été à Toulouse, comme vous. Allez-vous rendre visite à Jean-Luc Mélenchon?
[Il sourit.] François Ruffin vient à notre université d'été, et on a ­promis de se voir, lui et moi.

Que pensez-vous des attaques de permanences de députés LREM qui ont voté le Ceta?
Je peux comprendre la colère, et particulièrement celle des paysans. On est en train de tuer notre agriculture à coups d'accord de libre-échange. Moi aussi je suis en colère. Mais je ne suis pas d'accord pour que cette colère se transforme en haine et s'exerce contre des élus. Au ­Parlement européen, nous combattons ces accords et ­travaillons à une réforme de la PAC qui protège nos paysans et nos terroirs.

Il paraît que vous avez la grosse tête?
Écoutez, j'entre toujours dans la même casquette! Non, je n'ai pas la grosse tête. J'aborde cette rentrée avec humilité mais aussi une incroyable ambition pour la France. Je suis convaincu que l'écologie est la solution autour de laquelle nous allons nous réconcilier et forger un destin commun. 

JDD 18 août 2019 Par Anne-Charlotte Dusseaulx et Christine Ollivier

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 23:30

Le député écologiste européen Yannick Jadot, dont la liste a créé la surprise en arrivant en troisième position aux élections européennes, a déclaré lundi qu’il souhaitait créer un parti de gouvernement plus large qu’Europe Ecologie-Les Verts.

“Il va falloir très clairement dépasser Europe Ecologie-Les Verts. C’est le mouvement qui a permis ce succès, avec d’autres”, a-t-il dit sur France Inter.

“Il va falloir à minima que tous les mouvements écolos se retrouvent dans la même maison mais surtout, on veut construire le grand mouvement politique de demain”, a-t-il ajouté.

Comme exemple des valeurs que portera cette formation politique, Yannick Jadot cite l’action du maire EELV de Grande-Synthe (Nord), Damien Carême. Cet ex-socialiste, a-t-il dit, a réussi à contenir la montée du Rassemblement national dans un environnement économique difficile grâce à une politique contre la vie chère, par exemple en instaurant la gratuité des transports en commun.

Ceux qui s’agrégeront autour d’EELV pourront venir “de n’importe où”, aussi bien de la droite que de la gauche, être expérimentés ou pas, a-t-il dit.

“La personne écolo depuis une heure me va aussi bien que celle qui est écolo depuis 40 ans. Ça peut venir de la gauche, ça peut venir des gens qui ne sont pas de gauche, (...) tous ceux qui ont compris que l’écologie devait être la matrice qui redéfinit, qui redonne du sens à l’économie (...)”.

Pour la prochaine étape, les élections municipales de 2020, les écologistes veulent “conquérir énormément de grandes villes”, a dit Yannick Jadot, sur la base d’une coalition “autour des valeurs de l’écologie”.

A Paris, EELV, dont le candidat officiel est David Belliard, va tenter de ravir la mairie à la socialiste Anne Hidalgo sur la base de son propre projet. EELV a obtenu près de 20% des voix dans la capitale aux élections européennes du 26 mai.

“Sur cette base-là, (...) on verra avec qui on fait des coalitions au moment où on arrivera au second tour de l’élection” dans la capitale, a dit Yannick Jadot.

“Comme dans chaque ville, nous poserons les termes d’un contrat de coalition. (...) “On verra avec qui on essayera d’exercer le pouvoir dans les villes.”

PARIS (Reuters) le 3 juin 2019  - Danielle Rouquié, édité par Yves Clarisse

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 12:38

Certains climato-sceptique, ou d’autres hostiles à l’écologie politique, font souvent référence à une soi-disant « écologie punitive ».

Pour nous,

  • ce qui est punitif, c’est la dégradation de notre environnement  avec le déferlement de pesticides et de pratiques agricoles et d’élevages qui détruisent la biodiversité enrichissent les multinationales au détriment des agriculteurs, des fermiers, et qui tentent de justifier une surconsommation des ressources.

 

  • Ce qui est punitif, c’est la rupture du contrat social qui désagrège la société française avec 8,8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté et un taux de pauvreté qui ne baisse plus depuis 20 ans ; audelà de la France, ce sont les traités TAFTA et CETA par exemple qui mettent en nombre croissant les individus au banc  de leur société.

 

  • Ce qui est punitif, ce sont les régimes autoritaires qui interdisent ou réduisent  les libertés publiques, en Afrique, en Asie, en Amériques mais aussi en Europe, rétablissent des murs qu’ils imaginent infranchissables sur des frontières établies à la suite de conquêtes guerrières et de conflits armés.

 

  • Ce qui est punitif, c’est l’accélération du changement climatique causé par l’activité humaine, provoquant des épisodes saisonniers  inhabituels, de plus en plus fréquents et parfois catastrophiques (sécheresses, incendies de forêts, fonte des banquises et des massifs montagneux,  montée des eaux,  inondations, …). dévastant de vastes territoires. Ces phénomènes touchent les plus pauvres et les plus mal situés près des fleuves ou des zones arrides. Ils provoquent guerres et migrations de populations qui risquent leur vie (près de 17 000 morts et disparus en Méditerranée depuis 2014, 2 300 morts en 2018).

 

Pour nous,

 

L’écologie n’est pas punitive, au contraire elle est la solution car il n’existe pas de planète B.

 

On ne peut plus remettre aux lendemains des mesures  que de plus en plus de monde jugent indispensables.

 

On a vu avec la pétition « l’affaire du siècle »  qui a recueilli plus de 2 millions de signatures, on a vu vendredi avec les jeunes, samedi avec la marche du siècle au cours de laquelle rien qu’en France plus de 300 000 personnes revendiquent dans la joie, la bonne humeur, pacifiquement mais aussi avec fermeté et détermination le fait que décideurs et financeurs agissent maintenant sans tergiverser pour sauver la planète et le vivant.

 

Au-delà de la mobilisation citoyenne et sociale, les élections européennes sont aussi un moyen de peser sur les Etats en particulier les plus pollueurs pour mettre en œuvre les décisions de la COP21 il  y a déjà plus de 3 ans.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 13:22

Les journées d'été d'EELV se déroulent à Marseille. Comme chaque année, c'est un temps d'échanges, de débats, de formation  pour les militants de l'écologie politique, et aussi d'amitié, de bonne humeur  et de convivialité. 

Cette année, je n'y participe pas, d'autres obligations me retenant à Colombes, notamment professionnelles.

Ces journées précèdent également le congrès national d'eelv, qui se déroulera à l'automne.

Pour un parti qui participent à la majorité présidentielle et parlementaire, même très minoritairement, il est légitime de s'interroger sur le contenu de ce soutien, et des la mise en œuvre des objectifs visés. Des débats traversent notre mouvement, quant aux capacités de la majorité PS de faire évoluer la ligne gouvernementale vers plus d'écologie, plus de social, plus de démocratie, après des années de gouvernance de droite et le quinquennat de Sarkozy, désastreux pour la France. .

Le Président de la République François Hollande et le gouvernement doivent engager une phase nouvelle du quinquennat engagé il y a un an, redonner à notre pays des raisons d’espérer et de se mobiliser. Ce changement de cap, les écologistes y sont prêts, et ont souhaité en débattre avec leurs partenaires.

Conformément à l’engagement pris, il s’agit maintenant de conduire une première évaluation de l’action du gouvernement et de l’état d’avancement des engagements, en lien avec des représentant-e-s de la société civile. C’est l’objet de cette conférence de bilan.

Quels sont les succès et les limites de l’action de la majorité ? Quelles doivent être, dans ce contexte, nos priorités ?

Plusieurs tables rondes en image que l’on retrouve sur le site national d’eelv 

L’an 2 du quinquennat : vers le changement de cap partie1 (1ère partie)

En mai 2012, deux ministres écologistes entraient au gouvernement. Quelques semaines plus tard, les écologistes formaient, pour la première fois, après le Sénat, un groupe parlementaire autonome à l’Assemblée nationale. Conformément à l’engagement pris, il s’agit maintenant de conduire une première évaluation de l’action du gouvernement et de l’état d’avancement des engagements, en lien avec des représentant-e-s de la société civile. C’est l’objet de cette conférence de bilan.

Quels sont les succès et les limites de l’action de la majorité ? Quelles doivent être, dans ce contexte, nos priorités ? Pascal Durand, secrétaire national, et les responsables des groupes à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Parlement Européen confronteront leur expérience avec des représentants d’ONG et de syndicats.

Avec : Geneviève Azam, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac ; Pascal Canfin, ministre chargé du Développement ; Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement ; Pascal Durand, secrétaire national d’EELV ; Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie ; Barbara Pompili, co-présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Christiane Taubira, ministre de la Justice.

 

 

 

L’an 2 du quinquennat : vers le changement de cap partie1 (2ère partie)

Avec : Bruno Genty, président de FNE ; Véronique Descacq, secrétaire nationale adjointe, CFDT ; Pascal Durand, secrétaire national ; Hélène Flautre, chef de la délégation française du Groupe Verts/ALE du Parlement européen ; Catherine Gaudard, directrice du plaidoyer, CCFD ; Pascal Pavageau, secrétaire confédéral, FO ; Emmanuel Poilane, directeur de France Liberté ; Jean-Vincent Placé, président du Groupe écologiste au Sénat ; François de Rugy, co-président du Groupe écologiste à l’Assemblée nationale.

 

 

 

Prospérité sans croissance et villes en transition

A l’approche des prochaines élections municipales il nous faut explorer la possibilité de faire des villes françaises des villes en transition. Cela suppose qu’un découplage soit possible entre richesses et consommation énergétique, cela suppose aussi de modifier les approvisionnements en énergie, de réhabiliter les bâtiments, de modifier les transports, cela suppose enfin que chacun puisse y trouver sa place dans un climat de tranquillité, des enfants jusqu’aux personnes âgées.
Ce nouveau modèle de ville nécessite des mutations profondes, structurelles mais cela s’appuie aussi sur une organisation nouvelle entre les personnes.

Avec : Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle ; Skip Laitner, économiste américain, spécialiste des questions d’énergie et de leur évolution liées aux révolutions technologiques et à l’environnement ; Philippe Meirieu, président de la commission Jeunesse de l’Association des Régions de France ; Dominique Voynet, maire de Montreuil ; Agnès Sinaï, co-fondatrice de l’Institut Momentum, directrice de l’ouvrage “Penser la décroissance, politiques de l’Anthropocène” (Presses de Sciences Po).

 

 

 

L’Europe, grand marché ou grand projet ?

Bureaucratie sans visage, instrument de politiques désastreuses, union des impuissances et des renoncements ? L’étoile européenne, hier grand dessein et défi historique, a pâli ces dernières années, dans le cœur des citoyen-ne-s européen-ne-s. Une autre Europe est-elle possible, qui tourne le dos à l’austérité comme aux égoïsmes à courte vue ? A l’heure où l’on envisage désormais à voix haute la sortie de certains Etats membres, quel projet pourrait nourri un nouveau souffle européen ? Et, dans ce contexte, quels sont les enjeux et les risques de l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations transatlantiques ?

Avec : Benjamin Coriat, co-président du collectif des Économistes Atterrés ; Isabelle Durant, eurodéputée Ecolo (Belgique) et vice-présidente du Parlement européen ; Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques ; Monica Frassoni, co-présidente du Parti Vert européen ; Catherine Grèze, eurodéputée ; Yannick Jadot, eurodéputé.

 

 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 21:06

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a déclaré ce matin que les écologistes n’auraient pas dû présenter de candidat lors de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot et qu’ainsi leur candidat serait qualifié pour le second tour.

Un tel raccourci est inexact et politiquement dangereux.


En juin 2012 – c’était il y a juste une année – un candidat écologiste était déjà présent au premier tour dans cette circonscription et cela n’avait nullement empêché le candidat socialiste d’être élu. La seule chose qui a été modifiée, c’est le  score du candidat socialiste qui recule de plus de 20 points et perd les 2/3 de son électorat. La cause de son élimination se trouve là et nulle part ailleurs.


Chaque nouvel échec semble conduire le Parti socialiste à vouloir renforcer son hégémonie pour être le seul et unique représentant de l’ensemble des forces composant la majorité, en s’exonérant de toute responsabilité. Le Parti socialiste ne devrait pas faire l’économie d’une analyse politique un peu moins manichéenne de la situation électorale, car le choc Cahuzac – qui contribue surtout à faire progresser le vote Front national – n’explique pas tout.

Par ailleurs, au lieu de systématiquement rappeler de manière bien peu respectueuse que les parlementaires écologistes ont été élus grâce aux voix socialistes, Harlem Désir serait mieux inspiré de ne pas oublier que les députés socialistes et le Président de la République, lui-même, doivent aussi leur élection au vote, au second tour, de l’ensemble des forces de gauche et des écologistes.


A l’évidence les enseignements du 21 avril 2002 n’ont pas été tirés et réchauffer la vieille théorie du bouc émissaire n’est pas de nature à rassurer les écologistes quant à la capacité de la majorité à analyser les causes profondes du recul démocratique dans notre pays et donc de fait, à pouvoir y répondre.


Pascal DURAND, Secrétaire national

Publié le 17 juin 2013

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 23:12

 

Etre élu par les électeurs sur la base d’un programme municipal relève d’une légitimité évidente. Participer à la vie d’une commune sur la base d’une « étiquette » politique relève d’une autre légitimité. Un ou une éluE, un ou une militantE EELV défend un certain nombre d’idées au sein de son organisation politique. C’est un lieu de débats, de propositions, de confrontations d’idées et de stratégies. L’année 2013, qui n’est pas une année électorale pour les français, en est une pour les écologistes. Une série de congrès- départementaux, régionaux, puis national- vont se dérouler dans les prochains mois.

 

Ainsi,  le congrès départemental d’Europe Ecologie- Les Verts des Hauts-de-Seine s’est tenu ce samedi 1er juin. La motion d’orientation a été largement approuvée (87% des votes exprimés ou représentés).

Selon nos statuts, les candidatures et les votes sont paritaires, pour que les femmes ne soient pas sous-représentées à chaque niveau d’instance. 11 hommes et 11 femmes ont été élus par le congrès au Conseil Politique Départemental (CPD), et 2 femmes et 3 hommes ont été tirés au sort. Le CPD sera complété par les représentants désignés par chaque groupe local du département.

 

Le congrès départemental devait aussi désigner, comme chacun des autres départements franciliens, une moitié des membres du Conseil Politique Régional (CPR). L’autre moitié sera élue directement lors du congrès Régional du 15 juin prochain. Sur la base de candidatures, un homme et une femme ont été élus. J’ai été élu avec 60% des voix (Denis Delrieu, de Bourg-la-Reine suppléant). Et un homme et une femme ont été tirés au sort : Claire Gagnière a été choisie (Magali Buzelin, d’Antony suppléante)

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 13:21

 

Par Laurence Abeille, députée du Val-de-Marne, Nadia Azoug, adjointe au maire de Pantin (Seine-Saint-Denis), Patrick Chaimovitch, adjoint au maire de Colombes (Hauts-de-Seine), Yves Contassot, conseiller de Paris, Claire Monod, conseillère régionale d'Ile-de-France, et Jean-Vincent Placé, sénateur de l'Essonne, tous élu(e)s EE-LV.

 

Monsieur le Président de la République , votre prédécesseur avait lancé une belle et séduisante idée baptisée alors Grand Paris – il en fit un Métro. Soyez celui qui entrera de plain-pied dans le XXIe siècle, créez la Métropole !

 

Depuis 50 ans, la situation n’a pas changé, les déséquilibres s’accroissent : Paris concentre la majorité des emplois, des richesses et des services ; les Hauts-de-Seine captent la rente produite par l’îlot financier de la Défense ; la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne encaissent la désindustrialisation et gèrent les populations fragiles. Trop nombreux sont ceux qui jour après jour doivent s’éloigner pour survivre et subissent de façon conjointe exclusion sociale et géographique, chômage, précarité énergétique, déficit de services publics… Le résultat est connu : crise du logement, saturation des transports, stress, périurbanisation galopante, absence de solidarité, mal-être…

 

Dès votre élection, vous avez déclaré faire confiance aux élu(e)s pour résoudre ces problèmes qui structurent le cœur de la région Ile-de-France et faire avancer réellement la création d’une métropole durable, solidaire et écologique. Six mois plus tard, nous craignons une victoire de l’immobilisme dominant.

 

Dans tous les domaines, la situation est mauvaise car la gouvernance est dépassée, voire défaillante, jamais écologique : l’eau est source d’affrontements et de gâchis dans sa production, sa distribution, ou son assainissement ; l’air et sa pollution liée à l’automobile n’obéissent qu’à des logiques locales et transforment l’agglomération en une vaste zone irrespirable avec ses conséquences sur la santé ; la gestion des déchets est laissée à l’appréciation de chaque commune ; la biodiversité gravement atteinte, à la merci de chaque nouvelle urbanisation ; la dépendance énergétique quasi totale au nucléaire pour une électricité de plus en plus chère dont la consommation augmente face à de très rares projets, isolés, de production d’énergie renouvelable ; une couverture très inégale en fibre optique soumise au bon vouloir des opérateurs ; des projets de transports en communs à la merci d’un maire décidé à en interdire le passage sur « son » territoire au détriment de l’intérêt général ; l’offre de logement qui ne suit plus depuis longtemps avec un parc ancien énergétivore ; et toujours, une production de CO2 galopante défiant les objectifs français de lutte contre le réchauffement climatique.

Les territoires français sont à la recherche de mécanismes de gouvernance contemporains.

 

Partout où les agglomérations sont devenues majeures, elles provoquent le même conflit. Les régions, déjà si petites à l’échelle européenne, se sentent menacées, prises en étau entre l’État et la montée en puissance de l’intercommunalité.  Il est temps d’oser un attelage moderne confortant de grandes régions comme l’Ile-de-France, englobant des métropoles fortes interagissant de façon dynamique avec les territoires périurbains et ruraux vigoureux. A cet effet, la complétude des intercommunalités sur la base de projets stratégiques cohérents doit être effectuée dans les meilleurs délais.

En Ile-de-France, monsieur le Président, une simple évolution de Paris Métropole en pôle métropolitain ne suffira pas pour franchir l’étape que les citoyens attendent. La défense d’intérêts locaux peut gangréner le processus et scléroser la situation. Il faut oser une organisation institutionnelle nouvelle, support d’une gouvernance démocratique, écologique et décentralisée efficace.

 

L’élection au suffrage universel direct d’un conseil métropolitain donnera une légitimité politique, une visibilité et un sentiment d’appartenance à la collectivité. Son périmètre comprendrait au minimum les quatre départements centraux: Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne.

L’équilibre des pouvoirs s’articulerait autour de trois piliers.

 

Un conseil métropolitain serait composé de conseillers métropolitains élus au scrutin proportionnel, et de représentants des territoires. Ses compétences seraient particulièrement étendues. Le principe de double majorité qualifiée permettrait de respecter les territoires sans possibilité de blocage des projets structurants conformes à l’intérêt général.

 

Une conférence des communes: à travers elle, chaque commune, véritable repère démocratique pour les citoyens, conserverait ainsi sa capacité à relayer les demandes et les suggestions au niveau métropolitain. Chaque commune et arrondissement bénéficierait d’une dotation budgétaire lui garantissant une liberté d’investissement pour des projets à vocation locale.

 

Un conseil du développement durable, regroupant les diverses composantes de la société (associations, ONG, syndicats, éducation, entreprises, etc.), émettra un avis sur les décisions du conseil métropolitain au regard de la nécessaire transformation écologique du territoire. Assumant un rôle de conseil et de contrôle, il pourrait également inscrire un point à l’ordre du jour du conseil.

 

Monsieur le Président, le débat ne peut plus rester confiné entre maires, présidents de conseil généraux et régionaux et gouvernement ! Comme le montrent les débats autour du « livre vert », des voix s’élèvent de toute part, parmi les citoyens pour qui l’affaire est entendue : égalité des territoires, logement, justice fiscale, proximité de l’emploi et des transports, gouvernance claire, efficace, démocratique et écologique ! Le sentiment d’appartenance à la métropole capitale est sans doute la chose la mieux partagée. Donnons la parole largement et organisons le débat. Osez présenter un projet novateur, audacieux, porteur d’un projet collectif, solidaire et durable.

 

Monsieur le Président, en organisant un référendum citoyen au plan local sur ce projet, nul doute que vous aurez montré que le changement, c’est maintenant.

 

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/031212/monsieur-le-president-osez-la-metropole-du-gran 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 23:28

 INTERVIEW - La ministre de l’Égalité des territoires et du Logement se confie au JDD. Elle ne veut pas quitter le gouvernement mais marque sa différence avec François Hollande. Elle réagit également à la grève de la faim de l'écologiste Stéphane Gatignon.

 

Jean-Vincent Placé s'interroge sur la participation des écologistes au gouvernement, et

vous?
On a le droit de s’interroger, mais le faire en public et feuilletonner les relations entre les socialistes et les écologistes, ce ne sera jamais mon sujet. Je me refuse au cynisme qui voudrait que les accords soient bons seulement pour gagner les élections. Ma volonté est de ne pas rajouter une crise politique à la crise économique et sociale. C’est une évidence de dire que les écologistes sont un des rouages de la majorité. Si un jour des limites sont franchies, nous aurons l’occasion de nous prononcer de manière collective, posée et calme. Mais cela ne peut se faire au bout de six mois.

 

Comprenez-vous que vos amis se posent des questions?
La perplexité de nos électeurs, je peux y être sensible, elle existe et  nous oblige à être à la hauteur. Pour les responsables écologistes il est toujours sain de se poser des questions, mais est-il constructif de le faire tous les matins? Notre bataille, c’est que le cap fixé par François Hollande à la conférence environnementale soit tenu.

 

Vous n’allez pas quitter le gouvernement?
J’en ai assez du procès en illégitimité qui est fait aux écologistes. Quand nous faisons entendre notre différence, il n’y a ni chantage, ni caprice, ni menace. Il faut renouer avec une pratique politique de la diversité, qui ne peut se résumer à l’autorité. Les écologistes représentent un courant autonome de la gauche. Je ne suis plus chef de parti, c’est Pascal Durand et je me félicite qu’il rencontre ­régulièrement le Premier ministre pour exposer nos vues.

 

François Hollande juge "possible" le départ des écologistes. Comment le comprenez-vous?
Je le comprends comme il me l’a expliqué : c’est une hypothèse qu’il ne souhaite pas! Nous avons une grande responsabilité pour agir face à la crise et je pense que le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de mettre en œuvre notre projet. Cela n’enlève rien à mes convictions écologistes. Je suis une ministre totalement écologiste d’un gouvernement que je veux totalement de gauche.

 

Et totalement écologiste?
Non, ça n’est pas un gouvernement totalement écologiste, c’est une coalition, mais je vois l’engagement de Delphine Batho. Certains doivent encore se mettre dans la ligne de la conférence environnementale. Cela demande un aggiornamento important : que certains soient engoncés ou frileux, cela se comprend. Mais quand, avec Delphine, nous mettrons en œuvre le plan de rénovation thermique, tout le monde verra qu’il y a des actes forts.

 

Que pensez-vous des mesures sur la compétitivité?
Il y a une situation d’urgence. Répondre par des mesures d’urgence, ça peut s’entendre lorsque des entreprises sont en péril. Cela ne nous exonère pas de nos obligations : assurer la justice sociale en soutenant le pouvoir d’achat et réussir la conversion écologique de l’économie. Il faut passer à un modèle plus durable. La fiscalité écologique est un atout. Je sais qu’elle sera inscrite dans le projet de loi de finances 2014, c’est un engagement du Président que Delphine Batho vient de confirmer aux parlementaires.

 

Approuvez-vous la hausse de la TVA?
Il faut que les plus fragiles soient protégés. Il y a une hausse de la TVA, d’un côté, et une baisse sur les produits de première nécessité. En tant que ministre du Logement, je sais que cette baisse est une bonne décision pour les familles les plus fragiles. Il reste à affiner la répartition de la hausse. Je pense que sur la rénovation thermique ou le logement social, la discussion doit être poursuivie. Cela vaut aussi pour la conditionnalité des crédits d’impôt proposés par des parlementaires.

 

Louis Gallois a souhaité rouvrir le débat sur les gaz de schiste, cela vous inquiète?
Le Président et le Premier ministre ont réglé cette question avec courage et conviction, je crois à la sincérité du discours de François Hollande, qui se vérifie en actes.

 

L’exploration des gaz de schiste serait pour vous une ligne rouge?
Cela montrerait que la place des écologistes n’est plus souhaitée au gouvernement. Il y a des sujets de débat, voire de désaccord, mais pas plus, pour le moment.

 

Les affrontements à Notre-Dame-des-Landes vous inquiètent-ils?
C’est peu de dire qu’ils me troublent. Il y a un désaccord connu sur le projet lui-même. Nous devons redresser les finances publiques, la crise est lourde, l’État s’interroge donc sur certains grands investissements. Un débat s’engage sur où concentre-t-on l’argent public. Aujourd’hui, la manière dont les choses se passent sur le terrain, à Notre-Dame-des-Landes, n’est pas la bonne manière de faire.

 

Que pensez-vous du rapport Jospin?
Il y avait une attente très forte à laquelle ne correspond pas tout à fait la prudence des propositions émises. Sur la proportionnelle, j’aimerais qu’on aille plus loin. La tension politique qui existe en France ne se retrouve pas dans les pays où, grâce à la proportionnelle, tous les courants politiques sont représentés à leur juste valeur. Le double vote ou le parrainage citoyen sont des bonnes choses.

Que vous inspire le traitement infligé à Martine Aubry dans l’affaire de l’amiante?
Je comprends la colère de Martine Aubry, je connais son engagement en faveur des victimes, c’est un moment très douloureux pour elle. Semer le trouble sur la réalité de cette histoire n’est pas la bonne manière de rendre justice aux victimes. Il faut faire toute la vérité sur le scandale de l’amiante. Mais dire la vérité, ce n’est pas mettre en examen des dizaines de personnes en les jetant à la vindicte populaire. Faire la vérité, c’est aussi dire que certaines entreprises responsables de ce scandale sont aujourd’hui celles qui gagnent de l’argent sur le marché du désamiantage. 

 

Stéphane Gatignon, maire EELV de Sevran est en grève de la faim pour que l’Etat donne plus d’argent à sa ville, que lui répondez-vous?
C’est poignant. Stéphane Gatignon a toujours voulu redonner de la fierté aux habitants de sa commune. Ce même combat tripal mené par des élus de communes rurales a conduit à créer le ministère de l’égalité des territoires que je dirige. Je suis la ministre des villes et des campagnes, mais aussi des quartiers, dont les habitants ont été si maltraités ces dernières années. Stéphane Gatignon a raison de se battre pour que l’Etat remette de l’égalité entre les territoires. Le gouvernement est conscient des difficultés de Sevran, une des villes les plus pauvres, dont les habitants sont pauvres…

 

Cécile Amar - leJDD.fr

samedi 10 novembre 2012

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 23:12

Difficile d’être aux manettes d’un exécutif. Plus compliqué encore de participer à une coalition politique, notamment en position d’allié minoritaire...

 

Il n’empêche : les écologistes ont choisi collectivement de s’allier aux socialistes sur un accord programmatique. Aussi partiel soit-il, jamais il n’a été aussi ambitieux. Ils ont choisi aussi de participer avec eux au gouvernement de la France et d’animer une majorité parlementaire… Ce serait une position bien légère, 6 mois plus tard, que de quitter le navire aux premiers coups de vent dans cette période où les gens attendent de ce gouvernement qu il tienne la barre pour amorcer un VRAI changement durable... avec les écologistes.

 

Certes, les uns et les autres peuvent s’interroger. Certains peuvent même y réfléchir à haute voix, et encore « mieux » se mettre en scène en train de le faire…

 

Cela n’empêche que le sens des responsabilités et l’engagement collectif qui définissent le projet-même d’un parti de gouvernement, qui a vocation à agir sur la réalité et à s’en coltiner les complexités, devraient nous l’interdire.

 

Notre responsabilité, celle que nous imposent nos convictions, c’est de continuer à tout faire pour mettre plus d’écologie dans le projet gouvernemental et dans les politiques publiques. Ce n’est pas de vivre le complexe du « strapontin éjectable », et tous les quatre matins de se poser la question de rester ou pas au gouvernement, qui va nous y aider. De toute façon, il existe un contrat au cœur du pacs gouvernemental, et les deux partenaires ont l’obligation partagée de le respecter, ou d’y mettre fin, ensemble.

 

C’est au total une question de responsabilité. Quitte à être responsable pour deux.

Car en effet nous ne sommes pas d’accord sur tout. Malgré la mobilisation indiscutable de l’équipe dirigée par Jean-Marc Ayrault, où les ministres écologistes ne sont pas les derniers à travailler d’arrache-pied sur leurs dossiers respectifs… Il n’y a pas assez d’impulsion écologique dans la réalité des projets gouvernementaux, au regard même de l’ambition affichée par ce gouvernement, notamment par le président Hollande lors de la Conférence environnementale.

 

L’entêtement sur l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, les arbitrages décevants sur le rapport Gallois, le retard sur la fiscalité écologique, comme la non-reconnaissance des 22 milliards de niches fiscales sur la pollution, les interrogations persistantes sur l’ampleur à donner à la transition énergétique ou le manque d’ambition sur la transformation écologique de notre industrie en crise, notamment l’automobile… On pourrait rajouter à cela les engagements sociétaux et institutionnels pour l’instant non tenus comme le droit de vote des résidents étrangers. Oui, tout cela nous inquiète et nous interroge, pourquoi le nier ? Les parlementaires se sont exprimés sur ces sujets, collectivement et/ou individuellement, en général avec un vrai sens de la loyauté majoritaire. De son côté, le parti a affiché des positions claires et fermes, et s’est appliqué à le faire d’une seule et même voix, à sa juste place qui est celle de l’accompagnement critique de l’action gouvernementale, positif souvent, aiguillon parfois.

 

Ce n’est pas en ajoutant à cela des gesticulations médiatiques que l’on fera avancer le débat. Au contraire. On ne fait qu’éroder la confiance de l’opinion publique.

 

Pour faire progresser l’impulsion écologique, au service de nos concitoyens et pour chaque jour tenter d’en faire partager l’urgence, il est aujourd’hui indispensable de régler la mécanique de la majorité, d’améliorer sa gouvernance. Le contrat qui lie le PS et EELV, préparé et signé avant les législatives, doit être revu et enrichi pour devenir un contrat de majorité. Nos deux partis doivent travailler et se rapprocher pour pousser les feux de leurs accords et ambitions communes.

 

Pour peut-être aussi prendre le risque de l’affrontement, voire de la rupture, sur certains sujets. Avec les conséquences que l’on peut imaginer.

 

Mais alors nous agirions en toute clarté idéologique et toute transparence face à l’opinion. Pour gagner, les uns et les autres, en crédibilité et donc en énergie pour l’action.

 

Par JEAN-PHILIPPE MAGNEN Porte-parole d'EELV

Libération, 9 novembre 2012

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 18:33

 

EELV se joint au concert international des félicitations adressées à Barack Obama pour sa réélection.

Ce résultat est un symbole fort. Il montre que la politique progressiste menée depuis 4 ans a commencé à convaincre et qu’elle est désormais reconnue et de plus en plus acceptée dans le pays : réformes sociales ambitieuses comme le Medicare, politique internationale mesurée qui s’éloigne de la vision républicaine du « choc des civilisations ».


Malgré la crise, malgré la hausse du chômage, les Américains ont dit non à un programme conservateur et à un candidat républicain climato-septique soutenu par une droite dont le Tea Party est le fer de lance.


Néanmoins, si l’on souligne l’ouverture sociale et sociétale de la politique de Barack Obama, il ne faut pas occulter que sur les questions environnementales, le progrès est tout relatif. Le sujet n’a pratiquement pas été abordé lors de la campagne, la diminution des émissions de GES est loin d’être une priorité, le modèle agricole ultra productiviste basé sur une utilisation continue des pesticides n’est pas remis en question et les gaz de schistes sont brandis comme étendards de la croissance américaine niant les dégâts environnementaux pourtant catastrophiques et avérés.


Aux Etats-Unis, l’Etat fédéral a certes une étroite marge de manœuvre sur ces enjeux énergétiques et environnementaux mais il se doit néanmoins d’être beaucoup plus volontariste. Les démocrates au pouvoir, qui vont devoir composer avec une chambre des représentants conservatrice, doivent prendre la mesure de l’urgence de ces questions et en faire une priorité.

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